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Questionnaire du Journal du Pays Basque

vendredi 13 avril 2012

Le Journal du Pays Basque a adressé un questionnaire à tous les candidats et candidates à l’élection présidentielle française. Ce questionnaire est volontairement réduit à des questions qui touchent le Pays Basque (la campagne présidentielle française étant largement médiatisée par ailleurs). Ce questionnaire a été adressé par courriel aux services de presse des différents candidats qui y ont répondu de la même façon et nous publierons les réponses dans l’ordre de leur réception. Les premiers à avoir répondu sont les deux candidats les plus à gauche de l’échiquier politique français : Nathalie Artaud, candidate de Lutte Ouvrière (LO) et Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Voici les questions que nous avons posées aux candidats :

1) Il existe en Pays Basque une demande forte de création d’une collectivité territoriale propre. Le Conseil des élus du Pays Basque devrait donner sa position à la fin de l’été, qui pourrait être la proposition d’une collectivité territoriale à statut particulier avec des compétences limitées. Etes-vous favorable à la création d’une telle structure ? Quelle est votre proposition sur l’existence institutionnelle du Pays Basque ?

2) Etes-vous favorable à l’officialisation des langues régionales ?

3) L’organisation armée basque ETA a annoncé le 20 octobre dernier l’arrêt définitif de ses actions armées. Trois jours avant, une conférence internationale sous l’égide de Koffi Annan, s’est tenue à Saint Sébastien/Donostia et a préconisé que s’ouvre un dialogue entre les Etats français et espagnol sur les "conséquences du conflit" soit les questions ayant trait aux victimes, aux prisonniers et à la démilitarisation. Pour l’heure, l’Etat français ne s’est pas impliqué sur cette question. Si vous êtes élu(e) président(e), allez-vous apporter une réponse politique à cette nouvelle situation ? Les prisons françaises comptent près de 140 détenus basques liés à des affaires ayant trait à la violence politique. Ces détenus sont aujourd’hui répartis dans tout l’Hexagone ce qui met en difficulté leurs familles qui ont l’impression d’être condamnées elles-aussi. Etes-vous favorable au rapprochement des détenus basques de leur famille ?

4) Le projet de construction d’une Ligne à Grande Vitesse (LGV) traversant le Pays Basque Nord est fortement contesté localement. Etes-vous favorable à la poursuite de ce projet ?

5) En quelques mots, quel modèle de tourisme défendez-vous ? Quel modèle d’agriculture ? Les deux sont-ils compatibles ?

6) Certaines villes de la côte basque (Biarritz, Saint-Jean-de-Luz) recensent un pourcentage de logements secondaires proche des 50 %. Dans le même temps, les jeunes, et plus globalement les personnes aux revenus les plus modestes, ne parviennent pas à se loger localement. Que préconisez-vous face à cette situation ? Etes-vous pour ou contre une taxation des résidences secondaires ?

1) Nous ne sommes pas opposés à une structure administrative qui reconnaisse le Pays Basque à partir du moment où elle correspond à l’aspiration d’une majorité de la population. Cela suppose donc comme préalable que la population soit consultée démocratiquement. Nous constatons que l’Etat et ses représentants locaux s’opposent à cette exigence élémentaire de consultation, qui pourrait prendre la forme d’un référendum.

Les différentes actions menées jusqu’à ce jour (Plateforme Batera,...) par les tenants d’une collectivité spécifique basque ont montré qu’un nombre non négligeable d’électrices et d’électeurs souhaite la tenue d’une telle consultation. La soutenir, comme nous le faisons, c’est simplement soutenir un droit démocratique élémentaire.

La position du NPA sur l’existence institutionnelle du Pays Basque est dans la continuité de la question précédente : département spécifique Pays Basque, collectivité spécifique ou toute autre dénomination, pour moi il n’y a qu’un préalable : la consultation de la population. De ce point de vue, il faut rappeler, face à ceux qui s’opposent à un tel référendum que :
- Octobre 2005 : 64 % des maires du Pays basque se déclarent favorables à la consultation de la population du département basque. 131 des 159 maires ont répondu.
- Entre 2006 et 2008 : 32 000 personnes, soit 15 % des électeurs signent une demande de consultation sur la création d’un département basque.
- Mars 2010 : 35 000 personnes participent à la consultation organisée par Batera, dont 78 % se prononcent en faveur d’une collectivité territoriale. En conséquence, je soutiens toute initiative pour obtenir une consultation démocratique de l’ensemble de la population du Pays basque, sans exclusive.

2) Nous soutenons pleinement et sans la moindre réserve la reconnaissance de la langue basque et sa co-officialisation avec le français (au Pays basque nord). Nous sommes également pour l’intégration des Ikastolas (écoles en langue basque) à l’Education nationale dans le respect de leur pédagogie, le développement des filières bilingues dans l’enseignement public, l’attribution à l’université de Bayonne d’un statut d’université de plein exercice et sa transformation en un véritable service public gratuit de l’enseignement supérieur. En résumé, nous sommes contre tout financement public des écoles privées, mais nous sommes favorables à l’enseignement des langues régionales et au suivi des études dans la langue de son choix dans le cadre d’un enseignement public ouvert à tous.

3) Nous sommes pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et cela s’applique bien entendu au Pays Basque, au nord comme au sud. A l’occasion du meeting que j’ai tenu à Bayonne en décembre dernier, j’ai rappelé que je suis pour la libération de tous les prisonniers politiques basques emprisonnés en France ou dans l’Etat espagnol et d’abord commencer par leur rapprochement au Pays Basque près de leurs familles. Depuis la déclaration d’ETA de cesser la lutte armée, il n’y a plus rien qui s’oppose à une solution politique négociée au Pays Basque. Nous déplorons les actions des gouvernements français et espagnol qui continuent leurs politiques répressives auprès des militants abertzale avec notamment le maintien des mandats d’arrêt européen (MAE) et l’illégalisation en Espagne du parti politique Batasuna.

Il est temps d’en finir avec toutes les procédures et législations d’exception, d’entamer un processus de résolution démocratique du conflit en Pays Basque. La mobilisation se développe et s’élargit dans ce sens et le NPA y prend toute sa part.

4) Ce projet est une aberration. Il aboutirait à défigurer, éventrer le Pays Basque et toutes les régions traversées (Landes, Béarn…). Il représenterait une catastrophe sociale et écologique. Je préfère que tout l’argent qui serait englouti dans cette LGV aille à la rénovation de la ligne actuelle et des lignes secondaires qui en ont bien besoin et le rétablissement des lignes supprimées (exemple : celle de Mauléon à Puyoo, qui a enclavé Mauléon capitale de la Soule pour longtemps depuis 1975 et qui oblige les habitants à prendre la voiture systématiquement. Nous proposons la réfection des lignes actuelles pour permettre le passage de TGV pendulaires. Solution qui permet pratiquement les mêmes gains de temps sur les longues distances, mais qui est bien moins coûteuses et ne défigure pas le paysage par la construction de nouvelles lignes. Plusieurs pays ont adopté cette solution, comme le Canada par exemple.

5) Il n’y a pas opposition en soi entre le tourisme et l’agriculture au Pays Basque. A plusieurs conditions cependant ! Au Pays Basque, comme dans d’autres régions de France la spéculation immobilière fait rage et pénalise, notamment, les agriculteurs qui voudraient s’installer.

Il faut savoir également qu’au Pays basque, dans le milieu agricole, c’est le syndicat ELB (Confédération paysanne) qui est majoritaire et non la FNSEA. Pour nous, il est indispensable de mettre un grand coup de frein à la spéculation foncière qui augmente les coûts de production des agriculteurs et empêche les habitants à revenu modeste, en particulier les jeunes, de se loger décemment. Cela suppose de refonder les SAFER en leur attribuant des moyens d’intervention plus efficaces tels que la préemption avec révision des prix et des mesures de taxation à l’occasion du changement de destinataire. Cela suppose aussi que la SAFER crée des réserves foncières destinées à l’installation . Le but serait de mettre en place un “établissement d’installation” pouvant gérer des baux de carrière. Ces baux de carrière permettraient de proposer en location une ferme à un postulant, pour la totalité de la durée de son activité agricole. Lors de la retraite, cet outil de travail serait remis au pot commun. Pour pérenniser l’activité agricole.

Cela suppose de consolider le statut du fermage au lieu de le libéraliser avec le projet de bail cessible, un bail au loyer plus élevé et plus précaire pour le fermier que le bail actuel. Cela suppose d’orienter les terres se libérant vers ceux qui en ont le plus besoin. Il est également possible de faciliter la reprise des exploitations existantes ! La non reprise de nombreuses exploitations est un grave problème. Les aides à l’installation doivent être non seulement plus importantes mais aussi complètement réorientées en supprimant les critères d’âge, de surface minimum d’installation pour les remplacer par des mesures d’équivalence pour des projets non conventionnels. Les retraites des agriculteurs sont misérables, c’est un handicap à la vente du foncier à des prix raisonnables. Aussi, il y a lieu, lors d’installation transmission des exploitations, de mettre en place des mesures de valorisation des retraites ainsi que l’instauration d’une indemnité viagère de départ pour les cédants. Maintenir l’emploi paysan passe aussi par le partage des productions, par une administration rigoureuse des droits à produire. Une structure pourvue d’une mission précise veillerait à la juste répartition des cheptels et des terres. Elle serait coordonnée avec l’établissement d’installations.

6) Oui, il faut taxer les résidences secondaires ! Il n’est pas normal qu’une majorité d’appartements de Saint-Jean-de-Luz ou de toute la côte, de Bayonne à Hendaye soit fermée 10 mois sur 12 et qu’à Larrau une maison sur deux soit une résidence secondaire. C’est un gâchis social ! L’argent collecté par cette taxation permettrait aux élus d’avoir les moyens de préempter les maisons et terres et les mettre à disposition des familles et des jeunes qui voudraient s’installer au Pays basque, sous le statut de logements sociaux.

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