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« Il est resté le même, spontané et combatif"

vendredi 13 avril 2012

POLITIQUE - Le portrait de Philippe Poutou, le candidat NPA, vu par ses collègues de l’usine Ford, près de Bordeaux...

Symbole de la lutte victorieuse pour la sauvegarde des emplois sur le site de l’usine Ford de Blanquefort près de Bordeaux, Philippe Poutou a été incité par ses collègues ouvriers à se présenter à l’élection présidentielle sous la bannière du NPA. « On lui a dit d’y aller quand on a vu que Besancenot ne repartait pas », explique Carlos, 44 ans, salarié de Ford et militant NPA. Conseillers mais surtout supporters, Gilles, Thierry, Vincent, Carlos et Éric, membres du « noyau dur » du syndicat CGT Ford sont plus que jamais derrière leur candidat.

« J’ai été embauché en 1999, lors de la mise en place des 35 heures. Avant, j’avais enchaîné intérim et CDD dans l’industrie à des postes de logistique et de manutention », raconte le candidat anticapitaliste. Employé actuellement au service maintenance et dépannage des machines chez Ford, il a posé un congé sans solde en mars pour la dernière ligne droite de la campagne. « Il bosse avec un bleu de travail, les mains dans le cambouis, insiste Carlos, c’est un mec de terrain comme nous ». Pour le tournage de son clip de campagne, au début du mois d’avril, Philippe Poutou a réuni sa
« bande de potes » sur le site de l’usine Ford où ils travaillent ensemble. L’occasion pour eux de retracer les luttes qui ont démarré devant les grilles de l’usine.

Du culot et de l’humour

« Si le site tourne encore, c’est parce qu’on s’est battu », lance Philippe Poutou. « On se dirigeait vers une catastrophe industrielle, il y avait 10 000 emplois induits menacés », rappelle Eric, la mine grave. Aucune mobilisation n’avait eu lieu à Blanquefort depuis 20 ans. « On a réussi à mobiliser 250 personnes un samedi matin, c’était un record car on était seulement une petite cinquantaine à débrayer lors des précédentes appels à la grève », se souvient le candidat. « On s’est même autofinancé pour mener deux grosses actions à Paris », souligne l’un de ses compagnons de lutte. « On a bloqué l’usine pendant 10 jours », ajoute un autre. Plus que d’un leader, ses copains parlent d’un « bosseur qui n’arrêtait pas ». Plus à l’aise pour parler aux médias, il est vite poussé au premier plan par ses collègues. « On lui disait allez Philippe, va leur parler ! », se souvient Carlos, amusé. Les six hommes sont restés soudés pendant les quatre ans de lutte pour la sauvegarde des emplois. « Plus les actions étaient culottées, plus il y avait un resserrage des liens alors que tout était fait pour diviser les secteurs. La direction a été surprise par la solidarité, la fraternité », observe Philippe Poutou. Il évoque un petit journal satirique interne édité par les syndicats qui faisait office de soupape de sécurité pour les salariés. « Il est resté le même, spontané et combatif, c’est une fierté pour les ouvriers de l’usine qu’il soit parmi les dix », confie Carlos. Alors sa candidature, c’est un peu la leur aussi.

Elsa Provenzano