WWW.NPA2009.ORG
Accueil > Médias > Dans la presse > Poutou : « Je passe un peu moins inaperçu... »

Poutou : « Je passe un peu moins inaperçu... »

vendredi 13 avril 2012

Philippe Poutou et Olivier Besancenot. (Photo Pierre Verdy. AFP)

REPORTAGEEn meeting jeudi soir à Paris, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste est revenu sur sa percée médiatique remarquée. Il est désormais « le plus connu des inconnus dans cette campagne », selon Besancenot, l’ex candidat du parti trotskiste.

Par LILIAN ALEMAGNA
Ça les fait marrer. Une demi-douzaine de caméras et autant de perches au-dessus des têtes de Philippe Poutou et Olivier Besancenot en conférence de presse deux heures avant le meeting parisien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Le candidat est interrogé sur sa prestation remarquée la veille sur France 2 : « L’émission d’hier a fait un petit peu de bruit », attaque Poutou. A sa gauche, Besancenot savoure. « On est fier de la prestation de Philippe, dit le double candidat anticapitaliste de 2002 et 2007. Mais on n’est pas surpris. Le vécu, ça peut parler autant que n’importe quel argument d’une boîte de communication ».

« Quand je suis dans la rue, je passe un peu moins inaperçu », confesse le représentant syndical de l’usine Ford de Blanquefort (Gironde). Un effet Poutou en 2012 semblable à l’effet vécu par Besancenot dans les dernières semaines de 2002, alors qu’il était – comme le candidat actuel – coincé sous les 1% pour finir juste sous la barre des 5 ? « Il y a des trucs qui me font sourire », répond le postier. Lesquels ? « Je le dirai après la campagne », esquive-t-il. Sûrement d’avoir, une nouvelle fois, réussi à utiliser le système médiatique à bon compte.

Ils ont le sourire. Mais l’affluence – quelques petites centaines de personnes assises dans le gymnase Carpentier (XIIIe arrondissement) – rappelle qu’à la gauche du PS, la dynamique anime davantage Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche. Besancenot, auto-désigné « facteur attitré » du candidat, chauffe la salle : « Philippe Poutou est devenu le plus connu des inconnus dans cette campagne ! »

L’ex-porte-parole du NPA se réjouit d’avoir « réussi, quelque soit le score, à maintenir un drapeau qui aurait grandement manqué, le drapeau de la démocratie directe ! » Haro sur les « politiciens professionnels ». Besancenot appelle la population à se représenter soi-même : « Ici, humblement, on le fait déjà, souligne-t-il. On présente pas de politiciens ! On présente des militants ! »

Arrive Poutou. Chemise blanche, les mains dans les poches du jean, avec son faux-air de grand timide. Longue ovation de la salle. « J’suis un peu intimidé là... », lance-t-il. Sans notes, le candidat anticapitaliste égrène son programme. Féminisme, racisme, droit de vote des étrangers, droit à l’autonomie pour les territoires d’outre-mer, écologie... Le débit de parole est ultra-rapide mais Poutou gère bien mieux l’exercice qu’auparavant. Reste des hésitations : « Merde, j’ai un trou... », n’hésite-t-il pas à dire. Mais lorsqu’il parle des riches et du « Fmic », « Fortune minimum pour intégrer les cinq cent », on croit déceler la patte du camarade Besancenot.

Poutou fait marrer le public. Il a l’air de prendre plaisir face à ses camarades. Il se moque de Vincent Bolloré, proche de Sarkozy et dans le top 500 des groupes mondiaux : « Pour atteindre sa fortune, il faudrait gagner 2000 euros nets par mois. Dépenser zéro et travailler 160 000 ans. » Assis à la tribune, Besancenot est mort de rire. Le candidat redevient sérieux. « Il faut que ce soit les capitalistes qui paient cette crise », lance-t-il, avant d’égréner ses propositions d’« affrontement avec le capital », d’« expropriation des grandes entreprises capitalistes », les 32 heures ou la retraite à 60 ans, « pleine et entière ».

« Le NPA aussi petit soit-il, aussi fragilisé soit-il, lance un appel à l’ensemble de la gauche de la gauche et associative », termine Poutou. Il dit ne rien attendre d’un gouvernement « libéral » de François Hollande. Le NPA veut « préparer une riposte unitaire » : « C’est la deuxième manche », lance Poutou. Il interpelle le Front de gauche, Lutte ouvrière, les « militants du mouvement social ». Il faut « faire tomber les barrières entre nous », « faire converger ces luttes », conclut-il presqu’hilare. Pas « professionnel », Poutou a bossé.