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Politique internationale

mardi 10 avril 2012

Les réponses à dix questions du Nouvel Observateur.

1-La Russie de Poutine est-elle une démocratie ?

Si le parti Poutine est arrivé largement en tête des élections locales en Russie, c’est
le résultat de fraudes massives, d’intimidation et d’arrestations des militants. Pour
la première fois dans le pays, les électeurs sont sortis dans la rue pour exprimer leur
colère. À Moscou, de nombreux candidats de l’opposition n’ont pas eu le droit de se
présenter et les partis d’opposition n’ont pas eu accès aux médias. À Astrakhan, le maire
sortant a utilisé des méthodes de gangster afin d’empêcher son opposant d’être élu.
Alors évidemment, je ne considère pas que le régime Poutine soit une démocratie.

2-Approuveriez-vous un bombardement des sites nucléaires iraniens si les négociations échouent ?

Il y a une hypocrisie au sujet de l’Iran. Le régime d’Ahmadinejad n’est évidemment pas
une démocratie, mais le rôle de « gendarme du monde » que s’octroient les puissances de
l’OTAN n’a rien à voir la démocratie. Il n’y a qu’à voir le résultat des interventions en
Irak ou en Afghanistan. Je suis favorable à un désarmement, à la disparition de tous les
accords militaires liés au nucléaire, de toutes les alliances basées sur la dissuasion
nucléaire, et nous proposons de mettre au défi toutes les puissances nucléaires de
procéder à un désarmement atomique immédiat et généralisé, à commencer par la
France.

3-Etes-vous prêts à reconnaître un Etat de Palestine proclamé unilatéralement ?

Je défends le droit à l’auto-détermination des peuples, à commencer par le peuple
palestinien, qui doit voir ses droits élémentaires satisfaits. Alors, si le peuple palestinien
proclame un Etat indépendant, je suis prêt à le reconnaître bien évidemment. Dans une
perspective internationaliste, j’ai longtemps espéré que verrait le jour un Etat binational
dans la région où aurait pu coexister en paix les peuples israélien et palestinien. Mais la
politique coloniale de l’Etat d’Israël a sans doute rendu caduque cette option, dans un
premier temps au moins. Un Etat palestinien indépendant est sans aucun doute une
première étape nécessaire pour permettre d’aller vers la paix dans la région.

4-Jusqu’à quand l’armée française doit-elle rester en Afghanistan ?

Je suis pour le retrait immédiat de toutes les troupes françaises où qu’elles soient, à
commencer par l’Afghanistan. Dans le cadre de la mondialisation libérale qui est aussi
une mondialisation armée, les troupes étrangères ne sont jamais là pour émanciper les
peuples mais pour préserver les intérêts économiques et géostratégiques des grandes
puissances.

5-Faut-il quitter le commandement intégré de l’Otan ?

Le NPA est pour le retrait immédiat de l’OTAN. Depuis sa création, l’OTAN a été la
courroie de transmission de la mise en œuvre de l’impérialisme à l’échelle mondiale.
Je combats cet ordre là. Nous devons mettre un terme à une politique étrangère de
la France basée sur les relations néo-coloniales, démanteler les bases militaires qui
sont les dernières balises du colonialisme français. Nous développerons une action
de coopération avec les peuples qui cherchent à construire la démocratie et la justice
sociale.

6-Recevrez-vous une fois Président le Dalai Lama ?

Au NPA, nous reconnaissons pleinement le droit à l’autodétermination du peuple
tibétain et nous dénonçons les mesures de répression de la part de l’Etat chinois,
véritable oppresseur des peuples minoritaires mais aussi de son propre peuple. Nous
réclamons la libération de tous les prisonniers d’opinion tibétains ainsi que le respect
des droits des minorités ethniques en Chine. Si j’étais élu, c’est à l’ensemble du peuple
tibétain que je m’adresserai pour lui envoyer ce message.

7-Etes-vous favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?

L’UE n’a été conçue que comme un grand marché unifié pour les entreprises
industrielles et financières, à commencer par celles de la France et de l’Allemagne. Nous
nous opposons à cette Europe-là, mais au nom de l’Europe des peuples. Et à ce titre, je
suis évidemment favorable à ce que la Turquie puisse rentrer dans l’Europe. L’Europe
que nous voulons construire est une véritable Europe démocratique, écologique,
égalitaire, ce qui signifie pour chaque peuple le droit à sa langue, à sa culture, le droit
de choisir ses institutions ; c’est-à-dire, de façon générale, le droit de décider de son
destin.

8-Comment mettre fin à la Françafrique ?

Pour en finir avec la Françafrique, il faut :
- la reconnaissance de tous les crimes coloniaux et néocoloniaux,
- la publication de tous les accords de coopération et de défense, mais
aussi leur révocation dans la mesure où ils consolident des pouvoirs
autoritaires soumis aux intérêts français, le démantèlement des bases
militaires françaises d’Afrique ,
- la restitution aux populations africaines de tous les biens mal acquis.
- l’arrêt de toute forme de coopération économique et militaire avec des
pouvoirs autoritaires,
- l’autodétermination des peuples.

9-Que peut-on faire en Syrie ? Faut-il armer l’opposition ?

Des villes sont bombardées faisant des milliers de morts, les sbires du régime se livrent à
des exactions, les arrestations, la torture et très souvent la mort sont devenues monnaie
courante. Le peuple syrien ne cesse d’appeler au secours. C’est de toute urgence d’y
répondre. Les armes, c’est au peuple en lutte qu’elles doivent revenir. Ne pouvons en
aucun cas nous fier aux autres manœuvres étatiques en cours, il faut donc exiger le
départ des dirigeants syriens, tout en refusant toute intervention militaire impérialiste
au Moyen-Orient. Le NPA mettra toutes ses forces pour qu’une mobilisation citoyenne
devienne enfin visible.

10-Doit-on élire le Président de l’Union européenne au suffrage universel direct ?

Que changerait l’élection d’un président européen élu au suffrage
universel ? Nicolas Sarkozy a bien été élu au suffrage universel, cela ne
l’a pas empêché de mettre en œuvre la réforme des retraites à laquelle
s’opposait une majorité de la population. Ce qui manque à l’Europe c’est un
droit de contrôle et de décision des peuples, afin que celle devienne un
atout permettant une coopération entre les peuples. C’est un processus
démocratique bien plus profond dont a besoin l’Europe, un processus
constituant pour que celle-ci ne soit pas au service des banquiers et des
capitalistes et ne constitue plus une forteresse.