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Le rôle de l’Histoire

mardi 27 mars 2012

1. Quel rôle a joué l’Histoire dans votre propre parcours ?

Quand au lycée la révolte contre les injustices de cette société m’a amené à m’engager, j’ai rencontré des militant-e-s plus âgés qui m’ont fait découvrir des livres et des films qui m’ont fait comprendre à quel point l’histoire des sociétés humaines est celle des luttes de classes. Je me suis passionné pour la Commune de Paris, ces hommes et ces femmes qui sont montés « à l’assaut du ciel » en 1871. J’ai vraiment pris conscience de la permanence de la lutte pour l’émancipation à travers les siècles avec l’histoire de Spartacus, que j’ai découverte à la fois par le beau roman de Howard Fast et par le film que Stanley Kubrick en a tiré. C’est avec « les sentiers de la gloire » de ce même Kubrick que j’ai découvert les mutineries de 1917 contre les généraux qui envoyaient les soldats à la boucherie pour le compte des marchands de canons. Autre moment important pour moi, l’histoire des grèves de mai-juin 36, racontée par Daniel Guérin ou Danos et Gibelin, qui ont arraché les conquêtes ouvrières malgré la volonté du gouvernement de Front populaire. Je peux dire que c’est l’histoire qui a étayé ma conscience militante et ma volonté de m’engager.

2. Etes-vous favorables aux lois mémorielles ?

Non, car elles sont faites pour imposer une vérité historique d’Etat. Ainsi en 2005, la droite a voulu imposer la reconnaissance du "rôle positif de la colonisation". Puis récemment, nous avons eu droit à une opération électoraliste avalisée par les députés de tous bords qui se sont prononcé pour la sanction pénale de la négation du génocide arménien de 1915. Mais pour ce qui est des crimes commis par l’Etat français, pendant la guerre d’Algérie par exemple, comme lors de la répression de la manifestation d’octobre 1961à Paris, là c’est autre chose.

3. Pensez-vous qu’il y ait actuellement maltraitance de l’Histoire avec, entre autres, la suppression de l’enseignement de l’Histoire en Terminale S ? Si oui, que proposez-vous ?

Sans nul doute ! Comment peut-on imaginer couvrir les anciens programmes de première et terminale en une seule année ? Il faut abroger cette réforme à la fois anti- pédagogique et dangereuse pour l’avenir de l’enseignement de l’histoire dans toutes les sections. Il faut donner les moyens aux enseignant-e-s de transmettre, et aux élèves d’acquérir, des connaissances sérieuses qui permettent de placer les événements dans leur contexte et d’en comprendre les causes et les conséquences. Au vu de la façon dont les grands ébranlements tels que la Révolution française, la Commune, la guerre d’Espagne ont été peu à peu écartés des programmes, il apparaît nettement que la réflexion critique sur l’histoire et la société est toujours une menace pour les tenants du désordre établi.

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