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Médecine de ville

lundi 19 mars 2012

Défendre le droit à la santé pour tous contre la casse de la Sécu et la pénurie annoncée ! Passer du droit aux soins au droit à la santé... En commençant par un plan de rattrapage des inégalités sociales de santé !

Ce qui était un privilège est devenu un droit grâce à la Sécurité Sociale. Venir consulter un médecin près de chez soi, et se faire rembourser la consultation, les médicaments et les examens par la Sécurité sociale.
Un droit de plus en plus remis en cause par les déremboursements, tickets modérateurs, dépassements d’honoraires, mauvais remboursement des soins bucaux-dentaires, explosion des frais de mutuelles, attaques contre les ALD (affections de longue durée)... En 2008, 15,4 % de la population adulte déclare avoir renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières. Plus de 30% chez les chômeurs. L’assurance maladie ne rembourse plus que 55% des frais de santé hors de l’hôpital. La santé à deux vitesses !
Un droit insuffisant pour effacer les inégalités sociales de santé, les effets négatifs de nos modes de vie, de consommation, le stress au travail ou la hantise de l’absence de travail. La différence d’espérance de vie entre un cadre supérieur et un ouvrier est de sept ans. Une différence qui s’est creusée d’une année en 15 ans. Elle n’était que de six ans dans les années 80. Le paiement à l’acte de la médecine libérale, centré exclusivement sur le soin, est aveugle aux différences sociales de santé et aux causes sociales et environnementales de nombreuses pathologies.

Un droit qui risque de s’effondrer, entre une pénurie médicale imminente, avec l’apparition de véritables déserts médicaux, et volonté gouvernementale et patronale de recentrer la médecine de ville sur "les actes lourds" et "la valeur ajoutée".

Un droit dont on veut nous culpabiliser, avec les campagnes sur les « abus » d’arrêts de travail, de soins, de dépenses de santé, de ceux qui ont la CMU... qui visent à faire mieux passer la pilule des déremboursements. Un droit victime de la pêche aux voix du Front national par Nicolas Sarkozy. L’Aide Médicale Etat des étrangers en séjour irrégulier est depuis la loi de finance de 2011 soumis à un droit de timbre annuel de 30 euros et à une limitations du « panier de soins ». Une attaque inacceptable contre le droit à la santé des étrangers, une tentative de division des plus pauvres, mais aussi une attaque contre la santé de tous. Car les bactéries et le sida, par exemple, ne font pas de différence entre ceux qui ont ou pas des papiers...

La médecine libérale est en crise...

Cinquante sept heures par semaine, une pratique au plus près des difficultés quotidiennes des patients, mais sans les moyens réels d’y porter remède. Des inégalités régionales qui se creusent et des difficultés d’accès pour les plus pauvres, à cause du paiement à l’acte. Pas de médecine de prévention, sociale ou environnementale, des relations difficiles avec la médecine hospitalière et une pression incessante des caisses pour réduire les dépenses de santé... La médecine libérale est en crise, elle attire toujours moins.
Moins de 10% des jeunes médecins s’installent en médecine libérale. Chaque année, il reste des places libres de médecine générale aux concours. De futurs médecins préfèrent en effet redoubler, plutôt que de devenir généralistes. La conséquence prévisible, l’instauration de véritables déserts médicaux, à la campagne et au pied des tours dans les quartiers populaires.
Plutôt que de lutter contre cette pénurie annoncée, le gouvernement a choisi de « profiter » des tensions et de la pénurie annoncée, pour obliger la médecine de ville à se plier à ses réformes libérales. A ses contre-réformes libérales plutôt...

Les solutions libérales : contrôle accru des caisses et demain des assurances sur la médecine de ville et paiement à la "performance" pour un "recentrage vers les actes lourds". Et toujours plus à payer pour les patients.

La volonté gouvernementale est de passer d’un droit aux soins de qualité pour tous, garanti par la Sécurité sociale, à une Sécu qui ne prendrait plus en charge que les pathologie lourdes, une espèce de filet de sécurité à minima qui laisserait le champ libre pour les profits des assurances et des mutuelles... pour ceux qui en ont les moyens. Le contrôle des caisses sur la médecine de ville et ses prescriptions seraient encore accru. Demain assurances et mutuelles, « qui ne veulent pas être des payeurs aveugles », pourraient « entrer dans le champ conventionnel », pour ajouter leur contrôle à celui des caisses. Quand on se souvient d’Axa qui dénonçait ses contrats parce que les trisomiques 21 vivaient de plus en plus vieux à son gôut, on voit bien que tout cela nous éloigne du droit à la santé, sauf à parler de la santé des profits des assureurs. Le « paiement à la performance », la performance de suivre les recommandations des caisses, voire demain le paiement gradué, avec des consultations de 10 à 70 euros, sont les moyens tout trouvés pour essayer de faire adhérer les médecins au recentrage vers les actes lourds, au détriment d’une approche globale du patients. Sans parler de la volonté de généraliser les dépassements d’honoraires, puisque la cotation des actes et les remboursements sont bloqués. Les patients vont souffrir, dans leur santé et leur porte-feuille !

Convention médicale, danger !

La « performance », mais au service de la maitrise comptable... pas au service de la santé.

Sous la surveillance attentive du gouvernement, une nouvelle convention médicale a été signée en 2011 entre les caisses et les trois principaux syndicats médicaux. Avec le cadeau empoisonné de 9100 euros maximum pour les médecins qui se plieront aux injonctions des caisses, le droit à la santé pour tous est le grand perdant de cette convention médicale. Pour toucher l’entièreté de la carotte, il faudra satisfaire à un mélange d’exigences bureaucratiques (transmission des feuilles et des arrêts en ligne...) et d’objectifs de santé dont certains sont plus que discutables, décidés par la seule caisse, négociés ni avec les médecins, ni avec les associations de malades, et qui inaugurent une ère de pilotage de plus en plus stricte de l’activité de la médecine de ville selon des objectifs d’abord comptables. Par exemple l’hypertension sevère n’ouvre plus droit à un remboursement à 100% pour affection de longue durée, mais les chiffres de l’hypertension, bien mauvais reflet du risque vasculaire, vaudront des points aux médecins « performants ».

Pour accumuler plus de points et être mieux rémunéré, le médecin risque de choisir les malades qui lui rapporteront le plus de points, les malades difficiles et peu observants lui en faisant perdre. Il sera poussé à s’occuper d’abord des critères qui lui rapporteront le plus de points, en oubliant le malade dans sa globalité.

Le NPA souhaite la fin du paiement à l’acte. Mais pas pour le replacer par un paiement piloté par les objectifs de maîtrise de dépenses de santé de la Sécu. Nous voulons un paiement à la fonction, centré sur les besoins de la santé globale incluant un temps de soin, mais aussi un temps pour la prévention et aussi une formation indépendante des laboratoires pharmaceutiques, dans le cadre d’un service public de proximité.

Secteur optionnel... Le droit au dépassement généralisé

« Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». Ce principe de base de notre Sécurité Sociale garantit un accès égal pour tous à tous les soins. Mais de plus en plus, on passe au « chacun doit payer selon ses besoins et reçoit selon ses moyens ».

Instauré en 1980, le secteur 2, « à honoraires libres », autorise les médecins à réclamer légalement des honoraires supérieurs au tarif Sécu. Un des scandale contre le droit à la santé. Un médecin sur quatre exerce désormais dans ce secteur, mais la proportion est de quatre sur dix chez les spécialistes et atteint 85 % chez les chirurgiens et 50 % chez les ORL, les ophtalmologistes ou les gynécologues. Il existe désormais bien des villes où l’on ne peut consulter qu’en secteur 2.

Quant au niveau moyen de ces dépassements, il a doublé en 30 ans, passant de 24 % en 1990 à 54% aujourd’hui, le record étant détenu par les médecins très minoritaires qui exercent une activité privée à l’hôpital public ! C’est une source d’inégalité sociale profonde face à la maladie. Cela touche en premier lieu ceux qui n’ont pas de mutuelle ou d’assurance complémentaire, ou dont la complémentaire rembourse peu ou pas les dépassements, c’est-à-dire les moins fortunés. Seuls les plus riches n’auront pas de problème, car ils pourront toujours payer les dépassements et/ou s’offrir des assurances « en or ». L’an passé, les dépassements ont représenté 2,5 milliards d’euros, sur un total de 20,9 milliards d’honoraires !
La nouvelle convention médicale propose un nouveau secteur largement ouvert, dit optionnel. Il s’agit d’institutionnaliser les dépassements d’honoraires, en les encadrant. Les anesthésistes, chirurgiens et obstétriciens volontaires devraient y réaliser au moins 30 % de leurs actes au tarif Sécu, ne pas facturer de dépassements de plus de 50 % sur le reste de leur activité. Ces suppléments seraient remboursés par les complémentaires santé. Le système pourrait s’étendre à toutes les spécialités.

Cela réduirait encore la part des soins remboursés à tous par la Sécurité sociale, et augmenterait la part restant à la charge du malade directement ou par le biais de son assurance complémentaire, dont les tarifs s’envolent. L’effet garanti est celui d’une généralisation des dépassements d’honoraires, avec l’explosion du tarif des mutuelles, pour ceux qui pourront payer, et un accès aux soins plus difficile pour tous les autres.

Le NPA exige l’interdiction pure et simple des dépassements d’honoraires, et pas seulement leur « limitation » comme le réclame François Hollande, le remboursement à 100 % de tous les soins par l’assurance maladie obligatoire, c’est-à-dire la Sécurité sociale, ainsi que l’interdiction totale de l’activité privée à l’hôpital public. Nous voulons la fin des franchises, forfaits et tickets modérateurs, pour aller vers le tiers-payant généralisé et la gratuité des soins.

Consultation graduée : une tarification à l’activité, qui pénalisera les plus pauvres, et nous éloigne encore plus d’une médecine globale.

On se souvient du rapport que Nicolas Sarkozy avait demandé en 2010 au docteur Hubert, ancien ministre de la Santé, pour servir de trame à sa future loi pour la médecine ambulatoire. L’équivalent de la loi Hôpital patient santé et territoire pour la médecine de ville. Elle devait voir le jour en 2011. Elle a été reportée. Si Nicolas Sarkozy est réélu, elle nous annonce l’horizon de la médecine de ville.

« Moins d’actes mieux payés est le rêve de tout médecin. Moins d’actes médicaux inutiles est le rêve de tout organisme payeur. Un autre référentiel des tarifications des médecins peut permettre de concilier ces aspirations apparemment divergentes ». « Le tarif des consultations pourrait osciller entre 10 et 70 euros »... L’objectif : recentrer l’intervention des médecins « autour d’actes qui correspondent véritablement à leur valeur ajoutée ».
La consultation graduée, super paiement à l’acte, est le moyen proposé pour orienter l’activité de la médecine de ville vers ce que Sécurité sociale et assureurs auront décidé de mieux rembourser. Elle aggravera les difficultés sociales d’accès pour ceux qui ne pourront pas avancer le prix de la consultation, au moment où 9 millions de nos concitoyens doivent renoncer chaque année à se soigner pour des raisons financières, soit 20 % de plus qu’il y a quatre ans.

Cela laisse un espace plus grand pour les complémentaires « mutuelles et assureurs privés » qu’il faut « faire entrer dans le jeu conventionnel ». Au moment où les crédits publics s’assèchent pour les réseaux de soins centrés sur le patient, les assureurs développent leurs propres réseaux santé, comme Swiss life autour du diabète. Les « petits risques » sont de fait abandonnés à l’auto-médication, aux dépassements d’honoraires, et aux conventions spécifiques avec les assurances, pour ceux qui en auront les moyens. Si vous voulez avoir le temps de parler avec votre médecin, prenez une excellente assurance complémentaire, si vous en avez les
moyens !

Détournant l’idée des maisons de santé pluridisciplinaires dans les zones sous-médicalisées, le rapport Hubert veut en faire le champ d’expérimentation de sa contre- réforme, notamment à travers une informatisation d’abord conçue comme un moyen de contrôle de l’activité médicale par les caisses et demain les assurances.

Là où il faudrait orienter la médecine de ville vers une médecine globale, centrée sur le patient, qui prend le temps de l’écoute, du soin, de l’information et de la prévention... les contre-réformes libérales veulent restreindre le champ de la médecine ambulatoire aux actes lourds, et aux patients les plus solvables.

Explosions des tarifs, dépassements d’honoraires généralisés, pénurie médicale démultipliée, notamment dans les quartiers populaires et les campagnes, c’est une attaque majeure contre le droit de se soigner.

Le NPA et son candidat Philippe Poutou souhaite la fin du paiement à l’acte et la santé gratuite, le tiers- payant généralisé

La première urgence pour une politique de santé publique, c’est d’abord d’abroger l’ensemble des contre- réformes libérales qui aggravent les inégalités d’accès aux soins. Franchises, forfaits hospitaliers, ticket modérateurs, forfait sur l’Aide Médicale Etat pour les étrangers en situation irrégulière, explosion des tarifs des complémentaires à la suite des déremboursements, dépassements d’honoraires, déremboursement des médicaments, qui s’ils sont inutiles ne doivent pas être sur le marché, et s’ils sont utiles doivent être remboursés.... Tout cela doit être abrogé !
Nous voulons la santé gratuite, le tiers-payant généralisé et l’interdiction des dépassements d’honoraires. L’avance de frais est en effet un frein à l’accès aux soins, surtout pour les plus pauvres, les femmes isolées, les jeunes... La CMU a pu apparaître comme un progrès avec son absence de paiement, mais elle a aussi introduit un « panier de soins remboursables » et fait rentrer assurances et mutuelles dans sa gestion, qui n’a pas été confiée à la Sécurité Sociale. Nous voulons le tiers-payant pour tous, sur tous les soins, dans le cadre d’une seule Sécurité sociale. Nous voulons la fin du paiement à l’acte, un paiement à la fonction incluant un temps de soins, de prévention, d’éducation à la santé et de formation indépendante. Une formation des futurs généralistes centrée sur la médecine de ville, indépendante des trusts pharmaceutiques. Et des maisons de santé pluridisciplinaires réunissant médecins, infirmières, kiné, labo, psychologues, nutritonnistes, travailleurs sociaux... centrés autour de la santé globale des habitants du quartier, dans le cadre d’un service public de proximité. Cela s’oppose aux maisons de santé avec tarification graduée pilotées par les objectifs de maîtrise de dépenses de santé de la Sécu et les profits des assurances privées du rapport Hubert.

Des centres de santé pluridisciplinaires, dans le cadre d’un service public de proximité

Ces centres de santé seraient à la fois des lieux de consultations gratuites de généralistes et de spécialistes (qui exerceraient ainsi parfois à l’hôpital, parfois en centre de santé), mais aussi d’information sur la santé, la prévention. Ce serait le lieu d’accueil des petites urgences, de la permanence de soins, 24h sur 24, ce qui désengorgerait les urgences hospitalières.

Ces centres devraient être pluridisciplinaires : médecins, mais aussi infirmières, kiné, psychologues... Ils seraient ainsi largement ouverts sur la cité, et développeraient un travail partenarial "en réseau" avec tous les professionnels libéraux, mais aussi les travailleurs sociaux, les services de maintien à domicile, les services municipaux, les élus, les associations de malades, la médecine scolaire. Ils seraient le service public de santé de
proximité, porte d’entrée pour les soins, mais aussi regard sur la politique de prévention dans la cité, autour des citoyens-usagers, des associations de malades, syndicats, élus, professionnels de santé...

Ces centres de santé, tout comme l’hôpital public, seraient financés par l’assurance maladie, ce qui garantirait l’égalité de traitement de tous, quel que soit son lieu d’habitation. Ils ne dépendraient pas du bon vouloir du financement de telle ou telle collectivité locale. Ce projet est bien différent des « maisons médicales » créées récemment, qui sont de simples lieux de consultations, ou les patients doivent faire l’avance des frais.

Contre la pénurie médicale annoncée... Un service public de santé de proximité, pour un accès aux soins partout pour tous, et qui saurait attirer de jeunes médecins !

Les inégalités géographiques de santé explosent. Et elles vont encore s’aggraver avec la pénurie médicale annoncée. Un médecin pour 60 habitants en Paca, un pour 400 dans le Pas-de-Calais. 110 spécialistes pour 100 000 habitants en Picardie, mais le double dans la région PACA. Dans les quartiers en difficulté, il y a trois fois moins de médecins que la moyenne de la France urbaine. Fermeture des hôpitaux et maternités de proximité, départ en retraite de médecins non remplacés... On va vers de véritables déserts médicaux dans certains départements, dans les campagnes et les quartiers populaires. Ces inégalités vont renforcer les inégalités géographiques en matière de mortalité et de mauvaise santé. Elles renforcent aussi les inégalités sociales de santé, car les départements et quartiers qui souffrent le plus du manque de médecins sont aussi les départements de vieille industrie, souvent les plus pauvres, les quartiers où les problèmes de santé sont les concentrés...

La liberté d’installation ne permet plus aujourd’hui de garantir un libre accès partout et pour tous sur tout le territoire. Quel aveu d’échec du libéralisme, incapable de garantir un même droit à la santé de qualité pour tous, sur tout le territoire. La liberté d’installation est donc en débat. La pénurie s’aggravant, la tentation sera de plus en forte, pour garantir le maillage médical du territoire, qui est une priorité absolue, de multiplier les contraintes exercées sur les médecins libéraux, souvent inefficaces, ou des incitations financières, qui donnent des résultats limités, ou encore d’imposer des installations, au risque de faire encore plus fuir les futurs généralistes, si le système reste le même. Tout cela ne peut servir de politique.

La seule bonne réponse, c’est la sortie de la médecine libérale, de la pénurie organisée, pour bâtir un service public de santé de proximité, qui sache répondre partout aux besoins de santé globaux des populations. Et qui sache aussi attirer de jeunes médecins, qui fuient aujourd’hui la médecine générale libérale, par une qualité de vie et une qualité du travail médical, sans parler du droit aux congés maternités, de la réduction du temps de travail et d’une retraite garantie, au moment où les menaces s’accumulent sur les retraites des médecins.

C’est le sens de notre proposition de centres de santé de proximité, publics et gratuits, pluri-disciplinaires, avec généralistes et spécialistes, infirmières, kiné, diététiciennes, psychologues... qui pourraient aussi assurer 24h/24, au plus près des populations, les petites urgences pour désengorger les urgences hospitalières. Ces centres de santé sont préférables aux simples maisons médicales, qui restent dans le cadre d’un exercice libéral. Ils seront d’abord installés dans les « déserts médicaux », mais doivent ensuite rapidement se généraliser pour mailler tout le territoire, rassembler tous les professionnels de santé pour devenir le service public de santé de proximité, avec tiers-payant généralisé.

Avec la fin du numérus clausus et la création d’un statut de médecin en formation, rémunéré au minimum au SMIG, pendant toute la durée des études médicales en contrepartie d’un engagement à servir dans le service public là où des besoins existent, on peut faire reculer la menace des déserts médicaux, en améliorant la qualité de la médecine ambulatoire et en démocratisant l’accès des études médicales.

Une formation indépendante des laboratoires pharmaceutiques...

25 000 euros par an et par généraliste. Visites médicales, voyages, publicité dans les innombrables revues médicales gratuites, participation aux formations... C’est ce que dépense pour chaque médecin en publicité l’industrie pharmaceutique, selon le rapport de l’IGAS, l’Inspection générale des affaires sociales d’octobre
2007. D’après ce rapport, « les visites médicales influencent plus fortement les comportements des médecins qu’ils ne le pensent ». Les conflits d’intérêts et l’absence d’indépendance des experts liés à l’industrie pharmaceutique sont au cœur des scandales du Médiator ou de la vaccination anti-grippale H1N1.

L’annulation récente par le Conseil d’Etat, saisi par l’association Formindep (formation indépendante), de la recommandation de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2, pour cause de conflit d’intérêts en est la dernière illustration. Le gouvernement et ses agences multiplient les contrôles sur les prescriptions des médecins, sur des critères médicaux-économiques, leurs volumes de prescriptions (Capi, DPC, primes à la performance...), mais ils refusent de réellement contrôler l’industrie pharmaceutique.

Le Npa et Philippe Poutou affirment que le droit aux soins doit passer avant le droit aux profits et aux brevets !

Après le dernier scandale en date du Médiator, rien n’est plus urgent que de libérer la médecine et ses prescriptions de la publicité de l’industrie pharmaceutique. Il faut une formation et une information médicale indépendante des trusts de la pharmacie, financée à 100% par les pouvoirs publics, appuyée sur les revues médicales indépendantes (Prescrire...) et les groupes de pairs, ainsi qu’un travail de recherche sur les besoins sociaux et communautaires de santé des populations.

Un premier pas vers la mise sous contrôle public (scientifiques et professionnels indépendants, associations de malades et d’usagers, syndicats...) et l’expropriation des trusts pharmaceutiques, qui privent 90% de la planète de l’accès aux médicaments, oriente la recherche vers les pathologies rentables des pays riches, trichent souvent sur les résultats et mettent en danger la santé des patients des pays pauvres lors des essais cliniques.

Dissolution du Conseil de l’Ordre / reconnaissance de tous les syndicats médicaux

L’Ordre des médecins, fondé par Pétain, et qui défendait le numérus clausus contre les médecins juifs, se permet de parler au nom de tous les médecins. Il a multiplié les prises de position réactionnaires. Il s’est opposé à la contraception, puis à l’IVG (blâme au Dr Weill-Hallé en 1956 pour avoir créé « La Maternité Heureuse », ancêtre du Planning Familial, interdiction d’exercer prononcée en 1971 contre le Dr CARPENTIER, qui avait distribué des tracts d’éducation sexuelle). Plus récemment, il a refusé de condamner les contrôles médicaux patronaux d’arrêts de travail et continue d’envoyer les huissiers contre les médecins qui refusent de payer la cotisation obligatoire à cet ordre corporatiste.

Au lieu de s’enfermer dans le corporatisme, il faut au contraire tisser un front commun entre médecins, usagers, et syndicats. Pour défendre l’accès égal pour tous et partout, une formation médicale continue indépendante des laboratoires pharmaceutiques, et une pratique qui rompe avec le paiement à l’acte pour favoriser la coordination des soins et la prévention, dans des maisons médicales qui ne seraient pas de simples bouche-trous de la destruction des hôpitaux de proximité. Il faut tisser un front commun contre une société pathogène où l’épidémie de diabète où les pathologies liées aux perturbateurs endocriniens explosent, où les troubles musculo-squelettiques et la souffrance au travail font des ravages. Et définir des exigences communes pour défendre le droit à la santé dans notre société malade...

Du droit aux soins au droit à la santé : D’abord un plan de rattrapage des inégalités sociales de santé !

Une fois le droit à l‘accès aux soins assuré, par la fin des contre-réformes libérales, la gratuité des soins et le tiers-payant généralisé, il reste à passer du droit aux soins au droit à la santé. Car oubliant la prévention, notre système de santé se contente trop souvent de courir après les maladies que fabrique notre société : amiante, pollutions, diabète, mal-bouffe, souffrance au travail... Sans parler des inégalités sociales de santé. L’espérance de vie des ouvriers à 35 ans est inférieure de 6,5 ans à celle des cadres. La prévention est aujourd’hui le parent plus que pauvre, avec seulement 2,3% des dépenses d’Assurance maladie. Débarrasser la société du règne de l’argent, c’est aussi donner une chance à une société organisée autour des besoins sociaux, de la qualité de vie, à une agriculture et une alimentation de qualité pour tous, à un travail épanouissant.

Comment commencer dans un chantier si vaste ? Pourquoi pas commencer par ceux qui, à tous les niveaux, sont les plus victimes de cette société pathogène !

Le Npa et son candidat Philippe POUTOU proposent un plan de rattrapage des inégalités sociales de santé !

Malgré des soins identiques, la survie à 28 jours après un infarctus du myocarde est 2,5 fois plus élevée pour un cadre supérieur que pour toute autre catégorie sociale. Les raisons sont multiples : meilleur état de santé préalable, facteurs de risque associés moindres ou déjà dépistés, meilleure activité physique préalable, délai d’arrivée aux urgences plus rapide... Plutôt que de culpabiliser les malades, qui fumeraient trop, mangeraient trop ou mal, il vaut mieux s’interroger sur les conditions sociales, environnementales des surpathologies qui frappent les salariés, les précaires, les chômeurs... et encore plus les sans-domiciles fixes, dont la moyenne d’espérance de vie ne dépasse pas les 50 ans.

Un conférence pour la réduction des inégalités sociales de santé pourrait définir les objectifs de soins, d’information, de prévention, de législation, d’interdiction de polluants, de campagnes de dépistages... les plus à même de réduire les vastes inégalités sociales de santé. Des modifications qui bénéficieraient à tous, mais d’abord à ceux qui en ont le plus besoin. Alors que trop souvent les progrès médicaux profitent d’abord à ceux qui sont en meilleure santé et ont les meilleurs revenus ! Des modifications qui réduiraient les dépenses de santé en améliorant la santé de tous, en investissant à tous les niveaux dans la prévention...

Professionnels de santé, syndicats, associations environnementales, spécialistes de la santé publique, associations de malades et de victimes du travail, médecins et inspecteurs du travail, médecins et infirmiers de santé scolaire, ergothérapeutes, toxicologues, épidémiologistes, élus... pourraient bâtir une série d’objectifs à décliner à tous les niveaux. Soins, prévention, définitions de facteurs sociaux de risque, législation, taux de sel dans l’alimentation, agriculture et qualité des produits agricoles, interdiction d’utilisation de produits mutagènes cancérigènes et reprotoxiques, campagnes de dépistage, registre des cancers et pathologies, pesticides, qualité de l’air, seuil d’alerte, sous-traitance dans le nucléaire et suivi médical, bruit, droit et qualité du logement, réduction du temps de travail et activités physiques et de loisir, lutte contre le stress, l’obésité et le tabagisme, exposition professionnelle, contraintes posturales au travail, durée du congé maternité, protection des enfants...

Une énumération qui pourrait se transformer en objectifs de santé publique, au service de ceux qui en ont le plus besoin, pour une véritable révolution médicale, qui ne passerait pas seulement par le soin, mais par une société la moins pathogène possible, au service d’une idée toujours neuve, celle du bonheur des individus en société.

Les centres de santé que nous défendons pourraient être, au plus près des usagers, un lieu privilégié pour cette médecine enfin globale, dans le cadre d’une société pour qui la vie, la santé, vaudrait plus que les profits !