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Solidaire des peuples des dernières colonies

dimanche 18 mars 2012

Ma solidarité avec les travailleurs et les peuples de tous les pays concernés par les élections présidentielles découle :
- De l’internationalisme qui anime naturellement tout anticapitaliste conséquent ;
- Des liens historiques noués entre les peuples malgré le terrible passé d’esclavage et d’oppression imposé par le colonialisme ;

Le NPA revendique l’héritage des luttes de tous les combattants anti-esclavagistes, anticolonialistes, anticapitalistes, des deux côtés de l’Océan. Les peuples antillais se sont forgés dans une histoire douloureuse de résistances et de luttes souvent glorieuses. La suppression de la notion de peuples dans la constitution française au profit de celle de simples populations est une insulte à cette histoire. Avec les progressistes des Antilles, je me battrai pour revenir sur cette injustice.

Au-delà du programme général que nous définissons pour la France, nous faisons nôtres les revendications ci-dessous établies en concertation avec nos camarades du GRS.

En premier lieu, je proclame haut et fort le droit de tous les peuples à l’autodétermination.

En proclamant ce principe démocratique, j’ajoute que l’aide de l’Etat français au développement de ces pays doit être assurée, quelque soit le statut choisi par eux.

Je soutiens totalement l’exigence affirmée par certains mouvements anticolonialistes de Martinique et de Guadeloupe de l’élection par la population d’une assemblée constituante pour définir les institutions lui convenant.

Dans l’immédiat, sans attendre la mise en place de cette assemblée constituante, je soutiens la revendication que l’assemblée unique de la nouvelle collectivité de Martinique soit élue à la proportionnelle intégrale sans barre d’exclusion ni prime majoritaire.

J’affirme que les collectivités élues des dernières colonies doivent avoir :
- le droit et la pleine initiative économique sans l’entrave d’aucun corset néolibéral ;
- le droit d’affecter librement les aides de la France et de l’Europe, sous le contrôle des peuples et des instances judiciaires ;
- le droit de contrôler les importations et les prix par l’instauration de centrales publiques d’achat gérées localement ;
- le droit à l’adaptation des lois en matière économique, sociale, culturelle ;
- le droit d’initier une réforme des programmes scolaires avec une négociation permettant d’assurer la validité des diplômes délivrés sur tout le territoire français ;
- le droit à la protection du patrimoine foncier au moyen d’un établissement public foncier ou de tout autre moyen décidé sur place ; • le droit de créer des services publics locaux dans le domaine de la petite enfance, du troisième âge, de l’énergie, avec une aide conséquente au lieu de la situation actuelle de transferts de compétences sans transferts de moyens.

Opposé aux menées visant à la recolonisation de peuplement, je soutiens l’exigence des peuples concernés à la priorité effective d’embauche pour les originaires et le droit de regard des assemblées élues sur tout projet d’investissement extérieur.

Je réclame aussi la réalisation d’une enquête indépendante sur le fonctionnement de la justice aux colonies, promise depuis de nombreuses années à un député martiniquais Alfred Marie-Jeanne.

Je sais parfaitement que ces orientations ne seront adoptées et n’entreront dans la vie que par la mobilisation des peuples concernés. Qu’ils soient d’ores et déjà assurés de notre indéfectible volonté de nous battre à leurs côtés sur ces points comme sur tous les sujets nécessitant des luttes communes ou des luttes spécifiques.

Philippe POUTOU, Déclaration du vendredi 16 mars 2012

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