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Imposer le droit à l’emploi

samedi 17 mars 2012

Lutte contre le chômage : Imposer le droit à l’emploi 

Avec plus de 5,3 millions de chômeurs (toutes catégories confondues), 500 000 personnes non inscrites, radiées, au RSA et les plus de 3,5 millions de précaires, il y a urgence de mettre en place une véritable politique pour l’emploi qui permettrait à tous et toutes de travailler. Une politique qui serait l’inverse de ce qu’ont fait les gouvernements successifs depuis plus de 30 ans.

Cela implique :

– de travailler moins pour travailler tous et toutes en réduisant le temps de travail à 32h sans perte de salaire ni flexibilité, ni annualisation avec les embauches correspondantes ;

– de garantir pour tout salarié de disposer d’un emploi stable à plein temps, en CDI et des embauches à statut dans la fonction publique avec la reconnaissance du droit à la formation sur le temps de travail. Le code du travail ne doit reconnaître qu’un seul contrat, le CDI à temps complet pour toutes et tous, y compris pour les jeunes. Ce qui exclue clairement les embauches à temps partiel imposé. En revanche, tout salarié doit disposer du droit de passer en temps partiel volontairement, à son initiative, avec droit au retour à temps complet, sur simple demande. Soulignons qu’actuellement, les quatre millions de salariés à temps partiel sont pour 82 % des femmes, et que le temps partiel se conjugue souvent avec des contrats à durée déterminée, saisonniers ou aidés ;

La liberté de licencier constitue le cœur du problème. Ce droit exorbitant dont dispose, use et abuse le patronat, est contradictoire avec le droit à l’emploi. Le droit de licencier fait du salarié une simple marchandise, une variable d’ajustement liée aux aléas de l’entreprise et des calculs financiers des actionnaires. Nous revendiquons donc l’interdiction des licenciements collectifs et individuels, le maintien des emplois sous peine de réquisition des entreprises. En cas de carence de l’employeur, c’est la responsabilité collective du patronat de maintenir les salaires et les activités, grâce à la création, au sein de la Sécurité sociale, d’un fonds de mutualisation alimenté exclusivement par des cotisations patronales et géré par les salariés, qui permettrait de financer - et donc de rendre effectif - le droit permanent à l’emploi pour tout salarié quelle que soit son entreprise. Le patronat doit devenir collectivement responsable de la continuité du contrat de travail, pour permettre au salarié de garder un emploi, dans sa qualification ou dans une qualification supérieure ; – de supprimer tous les dispositifs censés aider le retour à l’emploi et qui ne sont dans les faits que des diminutions du coût du travail, au détriment des salariés, du financement de la Sécurité sociale et du budget. Ce cadeau de plus de 20 milliards par an octroyé ainsi au patronat doit disparaître ;

– de créer des emplois socialement utiles. L’accueil de la petite enfance, la prise en charge des personnes âgées ou dépendantes sont des tâches dévalorisées, assumées dans le cadre familial ou par le biais d’emplois précaires sous-payés. La création de services publics assurerait à la fois la qualité du service et des emplois stables et qualifiés ; – le retour aux 37, 5 annuités de cotisation et le départ à la retraite à 60 ans et 55 ans pour les métiers pénibles.

De l’argent, il y en a !

Pour financer ces mesures, les richesses existent, il n’y en a même jamais eu autant. La seule question qui vaille est : qui va payer ? Nous proposons de reprendre l’argent à la petite minorité de ceux qui l’accumulent. Ce n’est pas un problème économique ou technique, c’est une affaire de volonté politique. Cela implique une mobilisation d’ampleur, comme en 36 ou en 68, capable d’imposer une autre répartition des richesses aux capitalistes.

La première mesure à prendre est évidemment d’éliminer les dépenses publiques improductives ou nuisibles : arrêt des subventions et exonérations de cotisations aux entreprises privées ; récupération des cadeaux faits aux patrons ; diminution drastique du budget militaire.

La deuxième mesure, complémentaire, c’est la mise en œuvre d’une réforme d’ampleur de la fiscalité, afin de rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu, de restaurer l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 50 % et d’élargir l’assiette de l’impôt sur la fortune. Cette nouvelle politique fiscale est le moyen de résoudre la question centrale de la crise de la société française : la répartition – aujourd’hui scandaleusement inégalitaire – des richesses produites par le travail de tous et toutes et accaparées par quelques-uns. Depuis les années 1980, la part du produit intérieur brut (la somme des richesses produites chaque année) qui revient aux salaires a baissé de 10 % par rapport à celle qui revient au capital : c’est le hold-up du siècle ! Récupérer cet argent, c’est à la fois l’efficacité économique et la justice sociale.

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