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Handicap

samedi 17 mars 2012

Nous avons tous un handicap plus ou moins visible, plus ou moins handicapant, le handicap n’existe que par l’inadéquation du milieu où nous vivons. Selon la définition de la loi du 11 février 2005 [1], près de 12 millions de personnes en France sont en situation de handicap, dont la moitié sans reconnaissance administrative [2] .

C’est donc une question décisive dans le combat pour une société plus juste et plus solidaire et la réalité est dramatique : la détresse matérielle et psychologique dans laquelle se trouvent certaines personnes en situation de handicap est insupportable.

Ce secteur est largement dominé non pas par une conception de Services public de solidarité mais d’une multitude d’associations à dominante caritative qui trop souvent reproduisent avec les employés de ce secteur d’activité des relations et les conflits employeurs/salariés du secteur marchand. Nous luttons contre toutes les discriminations, celles-ci doivent êtres traitées dans le cadre d’une politique publique tournant le dos à une vision purement caritative du handicap. Ce n’est pas la charité que revendiquent les personnes en situation de handicap, c’est la justice et l’égalité de droit. Il faut donc dégager des moyens pour réaliser une égalité de droit non pas formelle mais réelle, car la prise en charge du Handicap n’est pas dotée des moyens à la hauteur des réponses que la population est en droit d’attendre.

Nous défendons une refonte globale du système de solidarité qui s’appuierait sur une autre répartition des richesses : depuis les années 80, le rapport entre ce qui, dans les richesses produites (PIB), revient au capital et ce qui revient au travail s’est accru de 10% au profit du capital.

Les choix politiques se jugent dans les moyens concrets de solidarité. Les nôtres sont clairs :
- nous sommes pour une allocation sur la base du SMIC pour tous les minima sociaux, c’est à dire que nous demandons que l’Allocation pour Adulte Handicapé soit alignée sur le SMIC,
- la perte d’autonomie doit être financée à 100 % par la sécurité sociale, c’est-à-dire par des cotisations sociales versées par les employeurs.

Ce financement doit permettre de couvrir à 100 % les besoins en soins, aide à la vie quotidienne et en hébergement, quand la personne ne peut ou ne veut continuer de vivre à domicile, par la création d’un service public d’aide à l’autonomie.

Education

Accès au cadre public d’éducation et de formation avec un véritable service
Public en faveur des personnes en situation de handicap.
Aujourd’hui, l’éducation nationale est toujours un lieu de grande discrimination, de part les faibles moyens mis à disposition des élèves à besoins éducatifs particuliers..

Le droit à l’éducation pour tous doit être respecté, il nécessite une école qui s’adapte aux particularités de chacun, l’éducation nationale doit prendre de réelles mesures pour se transformer et répondre aux besoins éducatifs particuliers.

Cela passe par du personnel spécifique varié et disponible, disposant d’emplois stables, quelque soit l’établissement où est inscrit l’enfant, par un nombre suffisant d’enseignants mais aussi par une préparation de ces enseignants adaptées et un rythme de travail permettant d’être en mesure d’enseigner à tout enfant quel qu’il soit.

Emploi

Le Handicap est la première cause de discrimination à l’emploi : les personnes en situation de handicap ont un taux de chômage très élevé : 20% contre 10% en moyenne, avec des taux bien supérieurs selon les types de handicap.

En outre les personnes en situation de handicap ont un niveau de formation beaucoup moins élevé, ils occupent les emplois les moins qualifiés et les emplois à temps partiels sont sur représentés.

Il faut bien sûr parvenir à l’adaptation de l’ensemble des formations aux PSH.

Nous refusons que l’obligation d’emploi de 6% des PSH puisse être outrepassée contre le paiement de l’amende à l’AGEFIPH, augmentation des pénalités
lorsqu’elle n’est pas respectée.

Dans le secteur public, le taux d’embauche des PSH n’est pas respecté, l’état doit montrer l’exemple.

Il doit y avoir obligation d’emploi réelle avec, s’il le faut, une formation sur le terrain.

Logement

Plus d’un million de personnes ont des difficultés pour accéder à leur logement.

Les personnes en situation de handicap peinent à trouver des logements accessibles, elles intègrent alors des logements non adaptés et engagent des travaux mais souvent cela prend plusieurs années pour le rendre accessible, en attendant elles vivent dans une grande souffrance.

La loi du 11 février 2005 doit être appliquée et nous devons veiller à ce que tous les bâtiments neufs soient construits et aménagés de manière à pouvoir être utilisés par toutes les personnes, aucune dérogation ne peut être acceptée.

Ces aménagements ne bénéficient pas seulement aux personnes en situation de handicap mais aussi aux parents qui ont leur enfant dans une poussette, aux personnes âgées, à toutes les personnes en situation temporaire ou permanente de mobilité réduite.

De la même façon, aucun bâtiment recevant du public ne doit souffrir d’exception, ni aucun moyen de transport collectif afin de permettre une accessibilité pleine et entière à toutes les personnes.

Les transports doivent faire l’objet d’une priorité par un développement massif et prioritaire des transports collectifs et adaptés à tous : trains et bus. Bien entendu, l’aménagement et l’accessibilité urbaine doit permettre de les rejoindre.

Notes

[1« toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

[2« Le handicap en chiffres », février 2004, Centre technique national études et recherches (CTNERHI).