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La maternelle, une Ecole de la réussite

Réponses du NPA au questionnaire de la FCPE

mercredi 21 mars 2012

Aujourd’hui, au coeur de l’actualité de l’Education nationale, il y a la suppression des postes
par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

L’école maternelle est frappée de plein fouet par ce manque d’enseignant(e)s : l’obligation
d’éducation ne touche pas les enfants avant 6 ans. En maternelle, nous assistons à une
baisse de la scolarisation des tout-petits et à l’augmentation inquiétante des effectifs.

Cela est contradictoire avec un des rôles piliers de la scolarisation précoce : la socialisation.
L’école maternelle est le cadre de la socialisation, pour apprendre à se décentrer, mais
aussi, de l’affirmation de soi par le contact avec d’autres, qu’ils soient enfants ou adultes,
différents de la famille. C’est aussi le premier cadre d’initiation à la compréhension en dehors
de la maison. Pour nous, l’éducation n’est pas qu’une affaire de famille et de reproduction
des dominations.

Pour le NPA
- Il faut rattraper immédiatement les 100 000 postes d’enseignant(e)s perdus depuis
2007.

- Nous sommes pour la scolarisation précoce des enfants mais plus précisément pour
la mise en place d’un service public de la petite enfance incluant crèche et
maternelle, pouvant ainsi assurer la transition, en fonction du rythme de chaque
enfant entre la prise en charge par des éducateurs spécialisés et des puéricultrices et
des enseignant(e)s. Nous battons en brèche l’idée que tout est joué à 3 ans et
rejetons les dépistages de la délinquance par les évaluations et autres tests en
moyenne section. Mais dans le même temps, nous pensons que la possibilité pour
tous les enfants d’une scolarisation précoce avec pas plus de 20 en maternelle et 15
en éducation prioritaire est positive en ce sens qu’elle leur offre non pas une
éducation qui soit, et sans jugement de valeurs, une reproduction des codes de la
famille et du milieu social dont ils sont issus mais au contraire la possibilité d’être pris
en charge par d’autres adultes, dont le rôle affectif est subordonné à rôle d’éducateur,
de pédagogue dans un cadre d’échanges, de confrontations et de rapports avec ses
pairs.

- Nous sommes pour en finir définitivement avec la subvention au privé : l’argent public
doit servir aux établissements publics. De plus, nous sommes d’accord avec votre
proposition d’une péréquation territoriale fléchée « écoles maternelles » permettant
de donner des moyens aux communes en fonction des besoins.

En ce qui concerne la formation complémentaire à la prise en charge des tout-petits, nous
pensons que cela passe d’abord par l’abrogation de la « masterisation » et de la réforme de
la formation des enseignants qui aboutit aujourd’hui à l’inexistence de formation. – Nous
sommes pour la restauration de l’année de formation avec un statut de fonctionnaire
stagiaire alternant du temps en institut de formation et du temps de pratique en classe. Dans
ce cadre là, la dispense d’un module spécifique pour tous-tes les enseignant(e)s du 1e degré
à la prise en charge des tout-petits serait un des points prioritaires à mettre en place puisqu’il
n’existait pas de manière sérieuse avant même la réforme « masterisation ».

L’articulation GS/CP existe déjà dans bien des écoles mais tout cela se fait sur la base du
volontarisme des enseignant(e)s. Il faut donc dégager du temps institutionnel pour les
enseignants de ces deux niveaux, pas seulement lors du dernier trimestre mais tout au long
de l’année afin qu’il y ait de réels changes de pratiques entre les enfants de CP et ceux de
GS. Remarques pouvant être valable pour des échanges CM2/6e. D’une manière globale,
c’est la pratique du travail en cycles qui devrait tout simplement être mis en place à savoir
que l’on donne la possibilité aux enfants, à l’intérieur d’un même cycle (la grande section de
maternelle faisant partie du cycle 2) d’avancer à leur rythme. Ce projet, puisant dans la
pédagogie Freinet, avait été remis au goût du jour par Jospin en 89 sans être
significativement suivi des faits car il implique une discussion en profondeur sur la
transmission des savoirs et savoir-faire et le regard que l’on pose sur le rôle de l’enseignant
et celui des enfants.

P.-S.

Copyright photo : phototheque.org/Patrice Leclerc