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Réponses du NPA au mensuel du SNESUP

samedi 24 mars 2012

1/ Envisagez-vous l’abrogation de la loi LRU ? Par quelles mesures immédiates et à plus long terme, engagez-vous un changement de cap garantissant un fonctionnement des établissements fondé sur une collégialité démocratique et assurant aux universités et laboratoires des financements d’Etat stables et pérennes ?

Oui. Trois rappels élémentaires : la loi LRU fut d’emblée présentée comme
reforme « phare » du quinquennat ; elle a fait l’objet de contestations
massives et sans précédent, traitées par la coercition et le mépris ; elle
prolonge une attaque contre l’ensemble des services publics. Son abrogation
a donc vocation à être un marqueur décisif dans les débats de la campagne
présidentielle.

Des mesures d’urgence doivent viser à constituer une représentation
démocratique des personnels et des étudiants dans les assemblées, les uns
et les autres devant pouvoir disposer du temps nécessaire à la délibération
de choix de moyen et de long terme. Cette exigence minimale passe par
l’arrêt de la logique de mise en concurrence des établissements ; de la
logique de financement par « projets » (de court terme, particulariste) et le
retour à un principe de financements récurrents ; des logiques
d’individualisation (au nom de « l’évaluation »), porte ouverte à tous les
arbitraires.

2) Pour rompre avec le processus inégalitaire actuel des Idex, Labex,..., quelles mesures institutionnelles et quels moyens budgétaires (y compris en emplois) comptez-vous mettre en oeuvre, dès la prochaine rentrée, pour assurer un développement équilibré sur l’ensemble du territoire du service public d’enseignement supérieur et de recherche ? Quels sont les objectifs qui seront assignés à ce service public ?

Côté emploi, les mesures d’urgence nécessaires disposent d’au moins trois
critères : (i) l’emploi précaire déjà existant, (ii) les volumes d’heures
supplémentaires effectués chaque année, et (iii) les déficits en postes
administratifs déjà recensés par les rectorats eux-mêmes. Le gigantisme et
l’irrationalité du gaspillage sarkozyste, entre dépenses fiscales aussi
massives qu’improductives (à travers le Crédit Impôt Recherche, par
exemple) et multiplicité de coûts cachés des fausses économies sur l’emploi
titulaire dans la FP, servent le chantage de la dette publique. Ils montrent
néanmoins qu’une vraie discipline est possible, la question centrale restant
celle des priorités.

L’université est le coeur de la production et de la circulation de savoirs,
indépendantes des injonctions économiques et politiques ; elle doit servir
l’élévation générale du niveau de culture scientifique (au sens
large) condition décisive du développement social, de l’émancipation et du
pluralisme.

3/ Comptez-vous abroger la "réforme" de la formation des enseignants ? Quelles mesures pensez-vous prendre pour engager, dès la rentrée 2012, une tout autre réforme associant une véritable formation professionnelle à une formation universitaire en s’appuyant sur le potentiel des IUFM et des UFR ?

Un ensemble de mesures immédiates doit comprendre la suppression du
dispositif Darcos-Pécresse ; le rétablissement immédiat de l’année de stage
et du salaire de début de carrière ; la réaffirmation des formations
disciplinaires et de la formation à la recherche universitaire ; la
titularisation / formation des précaires ; un plan pluriannuel de recrutement
tenant compte des dynamiques démographiques, du nombre maximal
souhaitable d’élèves par classe ; du temps de formation
à dégager pour les précaires titularisés.

P.-S.

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