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Quartiers populaires : discriminations à tous les étages

lundi 12 mars 2012

Par l’intermédiaire de l’association AClefeu, qui a investi des locaux rebaptisés « ministère de la crise des banlieues »,
leurs habitantEs se sont invitéEs dans la campagne qui passait jusque-là loin des quartiers populaires.

Avec sa super idée du Ministère de la
crise des banlieues, AClefeu a mis le feu
aux fesses de la presse et des candidats
présidents : pendant quelques jours, les
quartiers populaires ont fait la une… assez vite
remplacés par les vaches du Salon de l’agriculture !
Avec des ressemblances entre les quartiers et la
majorité de petits exploitants : pauvreté, populations
oubliées, territoires massacrés, promesses et tables
rondes… Mais le train de la politique passe loin
des banlieues qui votent peu : 15 % n’ont pas de
carte d’électeur, contre 7 % en moyenne nationale,
et des records d’abstention, jusqu’à 70 % et plus.
AClefeu s’est bougé en novembre pour convaincre
jeunes et moins jeunes des quartiers de s’inscrire
sur les listes électorales pour que « l’avenir ne se
décide pas sans la voix de la banlieue » et comme
on le lisait sur les affiches du Ministère de la
crise : « Pour une politique choisie et non subie ».
Une grande part des quartiers populaires sont
identifiés et étudiées comme « zones urbaines
sensibles », les ZUS* ; les chiffres ainsi recueillis
donnent une idée de la vie quotidienne dans nos
quartiers. 4,4 millions d’habitants dans les ZUS
(8 millions dans les QP). Une personne sur trois
a moins de 20 ans, contre près d’une sur quatre
dans les aires urbaines environnantes. En 2009,
32,4 % des habitantEs vivaient sous le seuil de
pauvreté, soit 2,7 fois plus que dans leurs agglomérations
(revenu fiscal par habitant : moitié
moins qu’ailleurs en ville) ; en 2010, le taux de
chômage y atteignait en moyenne 20,9 %. Un élève
sur quatre y est orienté vers un BEP ou un CAP
(un sur cinq ailleurs) orientation motivée par le
lieu d’habitation et l’origine étrangère plus que
par les résultats scolaires… et ceux qui ont bac+ 3,
4 ou plus ont beaucoup plus de mal à trouver un
emploi quand ils sont asiatiques, noirs ou arabes.
Et une surprise pour certains : la délinquance est
moins importante en ZUS que dans leurs environs.
Jeunes, pauvres, précaires ou sans-emploi ; accès
difficile à des services publics dégradés, à
la santé, à la culture, aux transports… De quoi
rendre « sensibles » !

À cette accentuation, à la concentration dans un
même lieu des problèmes causés par 30 ans de
politiques libérales, s’ajoute une dimension dont
certains se servent pour faire oublier ces problèmes :
les habitantEs des quartiers sont souvent d’origine
étrangère ou FrançaisEs issuEs des colonies. Guéant
vient de résumer cette politique raciste : « Accepter
le vote des étrangers conduirait
à ce que des conseillers municipaux
étrangers rendent
obligatoire la nourriture halal
dans les cantines ».
Un concentré de
bêtise et d’islamophobie
 ! Voir
aussi un rapport de
son ministère sur « les
bandes de jeunes »,
qui « explique » un
« reflux en été » par
« les départs estivaux
hors du territoire
national de certains
jeunes ».
Discriminations pour
l’accès à l’emploi et au
logement, contrôles
au faciès incessants,
humiliations, tutoiement,
harcèlement policier, tirs au
flashball et au Taser, survols en
hélicoptère, déploiement de forces
spéciales… Sarkozy et son gouvernement ont lancé
contre les quartiers une véritable guerre policière.
Les nombreuses victimes de violences policières
(toujours impunies) ne sont que la face visible
de ce que vivent au quotidien les habitantEs des
quartiers dans l’indifférence générale.
Notre premier engagement est de continuer à
batailler, entre autres avec les comités Vérité
et justice qui se créent autour de victimes de
violences policières, batailler pour rompre cet
isolement, redonner le sens de l’unité de toutes
les victimes du capitalisme à ceux qui à gauche
l’ont un peu oublié.

Premières exigences :

- abroger toutes les lois sécuritaires et dissoudre
la BAC ;
- débusquer et empêcher les pratiques racistes
dans l’accès au logement, à l’emploi et aux loisirs.

Plan d’urgence sociale pour les quartiers :

Il faut des mesures spécifiques pour les quartiers,
prenant en compte les discriminations, et s’ajoutant
au plan d’urgence avancé par le NPA, avec
d’abord et avant tout un emploi avec un contrat
durable et un vrai salaire.

Ce doit être un plan national, avec obligations
de résultat, qui ne se contente pas de distribuer des
subventions aux villes et associations de bonne
volonté. Chaque habitantE de ce riche pays doit
voir ses besoins satisfaits de la même façon, quel
que soit l’endroit où il/elle vit, quel que soit le
pays où sont nés ses grands-parents.
- développement et extension de tous les services
publics ; rétablissement des Rased, extension des
ZEP, programmes contre le « décrochage scolaire » ;
- rétablissement et augmentation des subventions
aux associations de terrain et aux politiques de
prévention ;
- programme massif de construction de logements
sociaux ; programme et fonds publics pour sauver
les copropriétés dégradées (comme le fameux
Chêne-pointu de Clichy-sous-Bois) ; arrêt de l’Anru
et des démolitions de logements sociaux ; arrêt
des expulsions sans vrai relogement.

Un plan d’urgence pour et par l’unité de tous les
exploités !

À lire, les propositions d’AClefeu :
http://issuu.com/emanach/docs/propositions2012/1
* http://www.onpes.gouv.fr/Observatoire-national-des-zones.
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