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Réponse aux questions "Opération Glamour les jeunes et la présidentielle"

mercredi 7 mars 2012

Le magazine Glamour : Les résultats de notre enquête révèlent une jeunesse globalement inquiète de son avenir (78 % des 18-30 ans se déclarent pessimistes sur l’avenir de la société française), préoccupée par son insertion professionnelle, son accès au logement, ayant le sentiment d’être bloquée à l’entrée de l’âge adulte et de la société, d’être une variable d’ajustement de la crise... Quels sont les résultats de notre enquête qui vous semblent les plus marquants ? Que pensez-vous de la situation de cette génération dans la société actuelle ? Comme le souligne l’une des personnes interrogées, la jeunesse n’est-elle pas vue systématiquement en France comme un problème plutôt que comme une ressource ?

Oui la jeunesse est plus vue aujourd’hui comme un problème que comme une priorité. Les politiques menées vers elle permettent de tester les réformes libérales qui s’appliqueront au reste de la société. Les jeunes qui occupent le plus les contrats précaires : intérim, CDD, alternance, stage. C’est un véritable bizutage social que la jeunesse subit en cumulant les statuts précaires ou les contrats payés en-dessous du SMIC. Les jeunes vivent une oppression spécifique. On ne leur laisse pas faire leurs propres choix. Comme ils n’ont pas leur autonomie financière, les choix des jeunes sont réprimés que ce soit par leurs parents ou par la société : choix d’étude, choix quant à son orientation sexuelle, chance de réussir selon son milieu social, son origine, son quartier... Il n’y a pas d’avenir pour la jeunesse dans la société qui lui est proposée : Les stages sous payés ou l’alternance sont une véritable aubaine pour les patrons. On augmente l’âge de départ à la retraite alors que les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail. On dégrade la valeur des diplômes en les individualisant, alors que c’est une garantie de salaires et de statut dans le monde du travail. Tout cela dans une société ou le chômage augmente sans cesse tout comme le coût de la vie. Et pour compléter le tableau on laisse aux jeunes le risque de connaître une crise écologique sans précédent, qu’elle soit liée au nucléaire ou au CO2. Il n’y a certes pas de quoi se réjouir...

87 % des 18-30 ans déclarent avoir le sentiment que les responsables politiques ne les écoutent pas. Ils pointent dans leurs témoignages l’absence de renouvellement de la classe politique, le manque de représentation des jeunes dans la classe politique, le fait qu’aucun élu ne parle le même langage qu’eux, leur volonté de participer plus directement au débat politique... Comment analysez-vous cette très grande défiance des jeunes à l’égard de la politique et de ses représentants ?

Ils ont raison ! Aujourd’hui, tous les candidats sont des professionnels de la politique, qui viennent d’un milieu social aisé, majoritairement des hommes, blancs, âgés et hétérosexuels. Loin donc de représenter la diversité de la société et notamment la jeunesse. Pourtant les jeunes font de la politique, ils se mobilisent massivement, comme ces dernières années, dans les lycées avec les différents mouvements contre la réforme Chatel, la réforme des retraites ou les suppressions de postes, dans les universités contre la réforme des retraites, la masterisation ou la LRU. Il existe également des luttes de jeunes précaires, dans la restauration rapide par exemple, ou de nouvelles formes de lutte, visibles à travers les mouvements des indignés ou pour la « démocratie réelle ». Il y a de quoi, lorsque l’on est jeune en particulier, être dégoûté par le monde des politiciens. Au NPA, nous faisons le choix de présenter à chaque élection des salariés, des gens comme les autres, qui bossent, sont jeunes ou précaires. C’est le cas à l’élection présidentielle. Philippe Poutou, ouvrier de l’automobile continue de travailler à l’usine. La politique doit être l’affaire de tous. Elle doit être prise en main par tous ceux d’en bas. Si ce n’est pas nous qui nous battons pour imposer nos choix, pour défendre nos intérêts, alors les professionnels de la politique d’en haut continueront leurs promesses pour obtenir des voix, sans que la politique ne change vraiment en notre faveur.

Quels sont selon vous les mesures prioritaires à prendre pour redonner espoir à la jeunesse ?

Il faut un statut social pour les jeunes. Ils ne sont plus des enfants mais ils ne sont pas encore totalement intégrés au monde du travail. Ils subissent encore l’oppression due, sont considérés comme inférieurs car moins expérimentés...

Le NPA milite pour une allocation d’autonomie à hauteur du SMIC pour tous les jeunes jusqu’à leur premier emploi stable, pour pouvoir s’investir pleinement dans leurs études et pouvoir faire leurs propres choix de vie, sans accepter les conditions de travail dégradantes qui leur sont aujourd’hui imposées. D’ailleurs, il faut interdire tous les contrats précaires, les transformer en CDI pour tous. Le NPA revendique l’augmentation de tous les salaires de 300 euros et pas un revenu en dessous de 1600 euros nets par mois, y compris pour les stagiaires et apprentis et la prise en compte des périodes d’études, de formation et de chômage dans le calcul des annuités de retraite. Pour se former et obtenir des diplômes de qualité, reconnus dans le monde du travail, il faut abroger les réformes libérales de l’Éducation. Il faut un budget 100 % public et à hauteur des besoins, la restitution des 80 000 postes supprimés dans l’Éducation et une embauche massive de personnels et d’enseignants. Pour le logement, il faut appliquer la loi de réquisition des logements vides et construire des logement sociaux ainsi que plafonner des loyers. Un statut pour les jeunes, cela signifie reconnaître leurs droits et pas seulement leur imposer des devoirs. Nous sommes pour le droit de vote dès 16 ans, puisque c’est l’âge où l’on peut arrêter l’école, travailler et même aller en prison. Il faut reconnaître le droit de grève aux lycéens et aux étudiants. Les jeunes n’ont pas besoin de plus de répression. Il faut abolir les lois sécuritaires, cesser d’envoyer la police dans les quartiers populaires, les lycées et les universités. Il faut également cesser de criminaliser les consommateurs de drogues, donc les légaliser, afin de leur venir en aide. Il faut cesser la chasse aux immigrés. Une carte de lycéen ou d’étudiant doit donner droit d’office à un titre de séjour. La liberté de circuler, de s’informer, de se cultiver doit être garantie par la gratuité des transports, la baisse des prix pour les produits culturels et l’arrêt du flicage sur internet. Enfin, l’autonomie de la jeunesse passe par sa liberté sexuelle. L’avortement et la contraception doivent être libres, gratuits et accessibles. Les jeunes en rupture familiale, notamment les femmes victimes de violences, les lesbiennes, gays, bi, trans et intersexués doivent avoir des structures d’accueil, des foyers autogérés par des associations féministes et LGBTI.

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