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Contre l’exclusion, les discriminations et la misère dans les quartiers

vendredi 2 mars 2012

L’insécurité sociale existe partout, mais dans les quartiers populaires (appelés à tort « banlieue » car il y a des banlieues riches et tous les quartiers populaires ne sont pas dans les zones périphériques de grandes villes), elle est bien plus profonde, bien plus sévère qu’ailleurs.
La dernière étude disponible de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (751 zones regroupant près de 5 millions de personnes) publiée fin 2008, montre que la part des habitants vivant sous le seuil de pauvreté (908 euros mensuels) est trois fois plus importante qu’ailleurs (33, 1 % contre 12 %). Le taux de chômage frôle les 20 % (40 % pour les jeunes) et il a augmenté de près de 60 % depuis janvier 2008 (+104 % pour les jeunes diplômés bac+3 et plus).
Sans compter que ces difficultés sociales se croisent avec les discriminations racistes de toutes sortes subies par les habitants (discriminations à l’embauche, au logement, islamophobie…). Si les habitants laissent parfois éclater leur colère face notamment aux violences policières, c’est d’abord parce que leurs quartiers sont les plus durement touchés par la crise économique.

Il y a près de sept ans la France a connu une révolte sociale importante dans les quartiers populaires. Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, poursuivis par des policiers, sont morts électrocutés après s’être réfugiés dans un transformateur électrique. Deux jours plus tard, les CRS lançaient une grenade dans la mosquée de Clichy-sous-Bois pendant la prière. La révolte s’est alors propagée dans tout le pays durant trois semaines. 
Depuis, la situation dans les quartiers populaires s’est encore dégradée. Le plan «  Dynamique espoir banlieue  » lancé en grande pompe, en 2008, par Sarkozy n’est évidemment qu’un leurre. 
Ce qui n’est pas qu’un leurre, en revanche, c’est la politique ultra-sécuritaire dont sont victimes les habitants des quartiers populaires. Sarkozy et son gouvernement ont lancé contre eux une véritable guerre policière qui fait des morts parmi les habitants. Les nombreuses victimes de violences policières ne sont que la face visible de ce que vivent au quotidien les habitants des quartiers dans l’indifférence générale  : harcèlement policier, contrôles d’identité au faciès, humiliations, tutoiements, descentes de police et interpellations musclées, tirs au flash ball et au taser, survols en hélicoptère, déploiement de forces spéciales…


Les quartiers sont une vraie poudrière prête à éclater à la moindre étincelle. Il ne faudrait pas, si ça arrive, que de nouveau les habitants des quartiers soient quasiment seuls face à la machine de guerre de la répression gouvernementale. Pour le NPA, il est absolument vital que le mouvement social renoue les liens avec les militantEs et les habitantEs des quartiers, en faisant l’effort d’intégrer pleinement leurs mobilisations et revendications spécifiques notamment contre les violences policières et les discriminations. Toutes les lois sécuritaires, visant avant-tout à établir un contrôle social sur les « nouvelles classes dangereuses » doivent être abrogées. Il faut rétablir la liberté de circulation pour tous les habitants des quartiers populaires, il faut en finir avec les contrôles au faciès, les arrestations arbitraires, les garde à vue brutales. Cela passe notamment par la dissolution de la BAC.

Il faut un plan d’urgence social pour les quartiers, qui en s’appuyant sur un tout autre partage des richesses, doit se traduire par :
- le développement et l’extension de tous les services publics
- le rétablissement et l’augmentation des subventions aux associations de terrain et aux politiques de prévention
- par une politique qui mette au centre la formation et l’emploi
- un programme massif de construction de logements sociaux, financé par les pouvoirs publics
- la réhabilitation urgente des immeubles insalubres avec de vraies propositions de relogements décentes et définitives

C’est dans le cadre d’une mobilisation sociale d’ampleur, associant jeunes et moins jeunes, habitants des quartiers populaires, salarié-E-s et privé-E-s d’emploi qu’un tel plan d’urgence pourra être mis en œuvre. Bien sûr, toutes ces mesures d’urgence spécifiques sont inextricablement liées à l’ensemble de nos autres revendications concernant un autre partage des richesses et la satisfaction des besoins de l’ensemble de la population.

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