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Immigration, travail et chômage

jeudi 12 janvier 2012

Qu’est-ce qu’un étranger ?

Un étranger est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française. La qualité d’étranger ne perdure pas forcément : on peut, sous réserve que la loi le permette, devenir français par acquisition.

Qu’est-ce qu’un immigré ?

Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré. Ceci explique pourquoi les étrangers sont beaucoup moins nombreux que les immigrés.

Immigration « choisie » et immigration « subie »

L’immigration « choisie » est présentée comme une politique maîtrisée par l’État sur des critères purement économiques. L’immigration « subie » est présentée comme un danger pour la population. En réalité, dans les deux cas, cette présentation n’a pas grand-chose à voir avec la réalité.

D’abord, les États maîtrisent assez peu les « flux migratoires ». Les émigrés sont suffisamment motivés pour surmonter, souvent au péril de leur vie, des obstacles qu’on prétend dresser contre eux. Beaucoup meurent, davantage encore finissent par passer. Mais surtout, les critères de « choix » affichés sont un trompe l’oeil. En limitant l’immigration légale sur la base de ces « critères », le gouvernement ne limite pas le nombre des entrées sur le territoire (ce qui n’est ni son but ni réellement faisable). Concrètement, les entrées légales deviennent illégales et les titres de séjours de ceux qui étaient déjà sur le territoire ne sont pas renouvelés. On fabrique ainsi du sans-papiers. On accentue leur précarité, ce qui est bon pour les secteurs qui les exploite.

Quant à l’immigration subie, elle est une construction raciste, dernière version d’une vieille construction : l’ennemi intérieur (les sans-papiers et les immigrés des quartiers populaires). C’est un racisme d’État dont la fonction est de diviser les travailleurs sur la race ou la nationalité tout en essayant de rassembler les travailleurs blancs et français avec la bourgeoisie blanche et française.

L’immigration familiale serait une immigration « subie »

Sur les 77000 admissions pour motif familial, 58% des cas concernent des conjoints, ascendants ou descendants de citoyens français. Elle est au contraire « choisie », et par les Français eux-mêmes !

L’immigration s’accroitrait ?

Le solde migratoire (entrée -départs) a décru de moitié depuis les années 60. En 2010, il y a eu 4 fois plus de naissances que de nouveaux immigrés ! Cherchez l’invasion...

Les immigrés, réguliers ou pas, prennent-ils le travail des Français ?

Les immigrés, réguliers ou pas, ne sont pas en concurrence avec les français sur les emplois qu’ils occupent, mais avec d’autres immigrés. Ce sont les licenciements boursiers et les délocalisations qui mettent les salariés français à la rue, pas les immigrés ! Les immigrés sont plus victime du chômage. Ils servent justement de variable d’ajustement.

Les immigrés, réguliers ou pas, sont-ils la cause du maintien du chômage ?

Les sans-papiers et les étrangers avec une carte de séjour d’un an sont les plus précaires, les plus mal payés. Mais ils ne connaissent pas le chômage car ils sont captifs de quelques secteurs d’activité et ne font pas concurrence aux français.

En revanche, les étrangers avec une carte de séjour de - 10 ans et leurs descendants (donc en gros les Quartiers Populaires), connaissent un taux de chômage plus élevé que la moyenne ! Ils sont donc les premières victimes du chômage !

Les immigrés, réguliers ou pas, entraînent-ils à la baisse le revenu des français ?

L’arrivée de travailleurs migrants améliore globalement le pouvoir d’achat des travailleurs qualifiés, en majorité des Français. L’immigration les enrichit car les travaux les plus mal payés sont occupés par les immigrés ! Les immigrés les plus précarisés et en premier lieu les sans-papiers sont contraints d’accepter des emplois que les Français refusent, eu égard aux conditions de travail et de rémunération imposées. Ce n’est pas la présence des immigrés qui créé un marché pour le travail au rabais, mais leur maintien dans la clandestinité ! Ainsi la présence d’étrangers en situation irrégulière ou sous le coup d’un titre provisoire est essentielle pour le maintien des considérables marges des employeurs de certains secteurs.

Les sans-papiers sont-ils des fraudeurs ?

Avant, les sans-papiers travaillaient avec des papiers grossièrement contrefaits que les employeurs feignaient de ne pas repérer. Depuis quelques années, suite a l’obligation pour l’employeur de faire vérifier les papiers, ils utilisent surtout les vrais papiers d’un aïeul. Ce qui n’empêche pas plus les employeurs de fermer les yeux, alors que la photo ou l’âge ne correspond pas.

Les sans-papiers grèveraient les comptes de la Sécu et frauderaient les impôts.

Pas de papiers, pas de droits ! Les salariés sans-papiers cotisent sans jamais rien toucher (sécu, chômage, retraite, etc). L’Aide Médicale D’Etat, en voie de démentellement, n’empêche pas les sans-papiers de renoncer aux soins, ce qui finit par revenir plus cher car la prévention vaut mieux qu’une opération. Par ailleurs, ils paient collectivement des impôts sur le revenu exorbitants (quand leurs revenus sont déclarés), ainsi que la TVA, l’impôt le plus injuste. Enfin, arrivant sur notre territoire à l’âge adulte, leur éducation n’a rien coûté. L’effet des immigrés sur les comptes sociaux est donc globalement positif ! Au total, l’Etat rackette 2 Milliards d’euros par an sur le dos des sans- papiers !

L’immigration serait économiquement néfaste

Ce fait est démenti par les Nations Unies, selon lesquelles une hausse de 1% de la population active due à l’immigration stimule l’activité et l’emploi par la consommation, et entraîne une hausse de 1% du PIB.

Le gouvernement dit ne régulariser que 2 000 sans-papiers par an

Il ment : près de 32 000 sans-papiers ont été régularisés en 2009, et depuis 2002, le chiffre des régularisations n’a cessé de croître. La lutte des sans- papiers, des syndicats et du RESF paie ! Le gouvernement est obliger de régulariser !

Le gouvernement expulse de plus en plus

Un millier d’expulsions en plus par an, c’est autant de drames humains. Mais sur les 30 000 expulsions annuelles, et à fortiori au regard du nombre de sans- papiers en France (200 000 à 400 000), cela ne représente pas grand chose. La politique du chiffre est donc, et avant tout une politique d’affichage. Les vrais désastres ne sont pas quantitatifs mais qualitatifs. Le but de la traque des sans-papiers n’est nullement d’en réduire sensiblement le nombre, il est d’augmenter leur précartié afin qu’ils acceptent les emplois (dans des secteurs clés, tels que le bâtiment, la restauration, l’agriculture) qui leur sont assignés. Dans le même temps, revers d’une même pièce, on accentue le racisme entre les travailleurs en exploitant les sans-papiers à des fins idéologiques.

Régulariser massivement entraînerait-il un « appel d’air » ?

Les étrangers ne viennent pas pour le plaisir. Les conditions d’entrée, de vie, de travail, de rémunération et de régularisation ne font que s’aggraver. Aucune régularisation massive ailleurs en Europe n’a crée « d’effet d’aubaine ». Le nombre de sans-papiers correspond à une demande de certains secteurs qui en peuvent survivre sans eux. C’est la leur demande qui définie l’arrivée des sans-papiers. Et selon des études, il faudra 10M d’immigrés d’ici 2040...

Les pays du Sud nous envahissent-ils ?

La grand majorité des mouvements de population se font entre pays du Sud. Ils sont provoqués par les guerres et les « mutations » économiques, le plus souvent dictées par le capitalisme et donc par l’impérialisme. Quant aux catastrophes naturelles, leur cause est souvent humaine. Et si un tremblement de terre n’est effectivement pas du à l’homme, on peut se demander pourquoi le même séisme fait 10 morts au Japon et des dizaines de milliers dans un pays pauvre.

Les flux Sud-Nord, quant à eux, ne connaissent pas d’augmentation flagrante. Et ce sont « les plus riches des pauvres » qui migrent vers nous. A-t-on déjà vu des somaliens affamés débarquer en France ? Normal, ils vont actuellement au Kenya.

Les révolutions arabes vont-ils créer un hausse de l’immigration ?

Le nombre de Tunisiens arrivés sur le sol français n’excède pas 20 000. Une grande partie s’est immédiatement implantée. Cela n ’est pas grand chose. Les plus gros mouvement de populations consécutifs aux révolutions arabes, en Libye par exemple, correspondent à des travailleurs immigrés d’Afrique noire qui travaillaient... aux postes les plus difficiles ! Le reste correspond à des réfugiés dans les zones frontalières. 720 000 migrants de toutes nationalités confondues (Afrique noire, sous-continent indien) ont quitté la Lybie pour les pays voisins : 313 000 la Tunisie, 230 000 l’Égypte, 83 000 le Niger, 52 000 le Tchad et … 26 000 l’Italie !

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Les pays du Sud sont-ils sont responsables de leur misère ?

Ces pays n’ont jamais été réellement décolonisés. Ils sont toujours maintenus sous dépendance, grâce à la complicité des classes dirigeantes locales. Rien n’est fait pour permettre leur développement. Les tyrans locaux incarnent certes les limites de développement de ces pays. Mais ces limites sont posées par l’impérialisme et pas par une prétendue arriération naturelle ou culturelle.

Combien d’étrangers en 2008 ?

- 3,7 M (dont 1,5 M d’africains) = 5,8%
- 3,3 M en 1999 = 5,6%
- 3,6 M en 1990

Premiers titres de séjour délivrés : 184 000 (dont 84 000 pour raisons familiales)

La part des étrangers sur la population française est faible (5,8%) et stable depuis 10 ans ! Le Canada ou l’Australie ont un pourcentage d’immigrés deux fois supérieur au notre. Sont-ils envahis ?

Combien d’immigrés en 2008 ?

- 5,3 M (dont 2,2 M d’africains)= 8,4%
- 4,3 M en 1999 = 7,4%
- 4,2 M en 1990

- immigrés + descendants direct : 11,8 Millions (dont environ 4 M d’origine maghrébine)

- Acquisitions de nationalité française : 137 000 (dont 84 000 par naturalisation)

Combien de sans-papiers en France ? entre 200 000 et 400 000

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