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« Leur cause est juste et leur café est bon »

vendredi 6 janvier 2012

Le candidat NPA à l’élection présidentielle était hier à l’assemblée générale des postiers, en grève depuis dix jours. Pour lui, leur combat est emblématique.

Après une entame positive, les négociations entre personnel et direction ont été interrompues. Les statistiques de trafic sont en cause.

Article de Sud-Ouest Rive droite de Yannick Delneste, jeudi 29 décembre

Plusieurs mois de campagne pour le poste suprême n’ont entamé ni sa discrétion, ni sa simplicité… ni son discours. Candidat à l’élection présidentielle, il a fort à faire pour se faire une identité après l’aura dont a bénéficié Olivier Besancenot, facteur de son état. Et quand en ce mercredi matin sur le coup de 7 h 30, il est auprès des postiers de Lormont en grève, les allusions fusent avec le sourire. Dix jours de grève pour les agents de distribution du courrier lormontais, refusant la suppression de deux tournées programmée par la direction régionale : un symbole fort pour l’ouvrier de Ford.

« Sud Ouest. » Quel est le sens de votre présence ce matin au piquet de grève des postiers de Lormont ?

Philippe Poutou. Ces postiers sont en grève depuis dix jours, ce n’est pas rien dans une période comme celle-ci. C’est un acte fort, un combat que logiquement je soutiens pour la défense d’un service public de plus en plus attaqué, démantelé. Leur cause est juste et leur café est bon ! On voit depuis des années ce que les gouvernements veulent faire de la Poste : un service privatisé soumis à la concurrence. Au final, des usagers de moins en moins bien servis.

Le combat lormontais reste pour l’instant un peu isolé…

Pas forcément. Tenir dix jours à seize sans médiatisation, comme ont pu en bénéficier les agents de sûreté dans les aéroports, ce n’est pas rien. Et partout en France, je constate depuis des mois des luttes, dans des bureaux de Poste sur Paris comme ici, dans des entreprises privées… Il y a beaucoup de conflits, beaucoup d’ouvriers qui se révoltent. La moindre résistance sociale doit être soutenue. Celle-ci, comme les autres, est une nouvelle fois emblématique du refus du bourrage de crâne sur une austérité que certains devraient subir et pas d’autres. Les entreprises du CAC 40 ont fait 87 milliards d’euros de bénéfice cette année : je n’ai pas l’impression que tout le monde connaisse le même sort.

Si ce mécontentement existe, pourquoi n’embrase-t-il pas le pays dans un grand mouvement ?

C’est tout le problème. Le pouvoir s’échine à faire raisonner les gens à leur échelle, sans se préoccuper du voisin. Il faut briser ce fatalisme qu’on veut nous imposer avec mépris tous les jours, via les Fillon, Guéant ou Morano. Les mouvements locaux doivent faire tâche d’huile et ne faire qu’un, pour instaurer un vrai rapport de forces national. La révolte est là, il faut que ça explose.

Il nous faut trouver les outils pour peser ensemble. La lutte contre la réforme des retraites a fait descendre trois millions de personnes dans les rues… pour un échec. On ne se relève pas du jour au lendemain de ce genre de déception. Mobiliser collectivement à nouveau : c’est la seule alternative aujourd’hui.

Vous êtes en campagne présidentielle depuis plusieurs mois maintenant. Comment vivez-vous ça ?

Je bouge beaucoup ! Dans tout le pays, je rencontre des ouvriers, des employés qui souffrent de ce système. Je raconte aux uns l’expérience des autres dans une usine, à des centaines de kilomètres de là. On réalise qu’on est tous les mêmes, et que la dignité ouvrière est sacrément mise à mal. Comment on sort de ça ? Comment on reconstruit un tissu militant ? La politique, elle est là, à ce piquet de grève de La Poste à Lormont. Parce que la vie est ici.

« Chaque jour, le dialogue social se poursuit. » La direction régionale de la Poste répète volontiers que les négociations avec les facteurs grévistes n’ont jamais cessé depuis le 19 décembre, date où les seize titulaires du bureau de Lormont se sont mis en grève. Et hier, si l’on a pu croire à une fin de conflit dans la matinée, au regard de la concession de l’employeur, la journée s’est achevée sur un blocage et un regain de tension. Récit.

7 h 15. Peu avant l’arrivée de Philippe Poutou, le candidat NPA à la présidentielle (lire ci-dessus), le directeur d’établissement vient voir les représentants du personnel : il y a des propositions nouvelles.

8 heures. La direction propose de rétablir « 0,5 position de travail », soit une demi-tournée de distribution du courrier. « Nous avons proposé cette avancée pour anticiper la hausse de population lormontaise, attendue pour 2014, mais aussi pour développer avec la mairie de Lormont, de nouveaux services », expliquait par la suite, Cyril Pélissou, au service communication de la Poste. « Cela peut-être notamment du portage à domicile de produits comme les médicaments ou des livres de médiathèque. » Ajoutée à la moitié concédée il y a une semaine, une seule tournée sur les deux menacées serait alors supprimée.

La direction quitte la table

Midi. Avec l’agent chargé des bilans de trafic du bureau de Lormont, des responsables régionaux de la Poste arrivent. Les facteurs sont auditionnés pour faire un point sur leurs secteurs respectifs. « 215 adresses n’avaient pas été recensées et manquaient encore au diagnostic. C’est donc autant de force de travail à injecter en plus », raconte Xavier Dauga, délégué Sud.

15 h 50. Après vingt minutes de réunion, la direction régionale quitte la table devant l’exigence du personnel : un document statistique « enfin fiable » sur l’activité de distribution du courrier sur Lormont. « Nous proposons des avancées, mais pour négocier, il faut être deux », déclare Cyril Pélissou à la direction régionale. « L’insulte faite aux facteurs » : c’est le titre du neuvième communiqué intersyndical des grévistes.

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