WWW.NPA2009.ORG
Accueil du site > En campagne > La combativité des travailleurs de CEVA a paye !

La combativité des travailleurs de CEVA a paye !

samedi 17 décembre 2011

Les salarié(e)s de CEVA (logistique), à la ZI de Trappes, dans les Yvelines, se sont mis en grève totale le 17 novembre, pour des augmentations de salaire. CEVA, c’est 600 salarié(e)s en France, répartis sur 70 implantations. A l’image des autres sites, Trappes regroupe un faible nombre de travailleurs (15 sur cette implantation). Mais, à Trappes, les salaires sont plus bas qu’ailleurs (150 euros en moins). Alors, avec leur syndicat FO (seul syndicat présent sur le site), ils ont décidé d’engager la lutte pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une injustice. Payé(e)s avec des salaires de misère, ils posent publiquement la question sur leurs banderoles : « qui peut vivre avec 1054€ par mois ? ». Ils exigent 150€ d’augmentation pour tou(te)s. Pour seule réponse, cette multinationale, qui fait des milliards de dollars de bénéfices, a recruté illégalement des briseurs de grève et installé des vigiles leur interdisant l’accès aux locaux, y compris aux toilettes. Et, à titre de représailles à l’encontre des grévistes, le CE ne distribuera pas les traditionnels bons de Noël sur le site de Trappes. Cette mesure de rétorsion pitoyable en dit long sur la mesquinerie de la direction et des syndicats à sa botte, qui gèrent le CE.

L’inspection du travail, suivant les consignes de sa hiérarchie et de la direction départementale du travail, ne veut pas apparaître comme prenant partie dans ce conflit, malgré des infractions flagrantes au code du travail, comme le délit de marchandage pour briser la grève. En période pré-électorale, il ne faut pas faire de vagues ! Quant à la presse locale, après avoir donné quelques informations au début du conflit, elle a fait le choix du silence radio dès que le conflit s’est radicalisé et s’est installé pour durer. Pour rompre cet isolement, un comité de soutien regroupant syndicats et partis (dont le NPA) organise la solidarité, à commencer par la collecte de dons. Bien entendu, le NPA78 y contribue à son niveau. Le 12 décembre, Philippe Poutou est venu leur apporter son soutien. Malgré les nombreuses visites quotidiennes de militants et de salarié(e)s voisins, la grève n’a pas pu s’étendre à d’autres boîtes de la zone industrielle, où la syndicalisation est faible. Le 14 décembre, après avoir obtenu une prime de 250 euros pour tous et des augmentations qui portent le salaire mini à 1610 euros, les salarié(e)s ont décidé de mettre fin à leur grève. Ces 22 jours de grève ne seront pas payés, mais les grévistes ont repris le travail la tête haute. C’est les chefs qui faisaient grise mine ! Le comité de soutien a appelé la population à venir rappeler sa solidarité le 15 décembre 20h lors d’une réunion de soutien à la Maison des Familles de Trappes, avec la projection du documentaire « Dans le secret des licenciements ». Les participants étaient invités à verser à la caisse de grève. 2000 euros ont été collectés ces 15 derniers jours.

Cette grève est emblématique des difficultés auxquelles se heurtent les travailleurs quant ils sont isolés, sans réel relais syndical et soumis à la dictature de patrons sans scrupules, comme c’est le cas dans la plupart des petites boites. Mais la détermination et la combativité dont ont fait preuve ceux de CEVA, dans des conditions très difficiles, sont prometteurs pour les combats futurs : des luttes d’ampleur, tous ensemble, qui permettront de gagner !

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0