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UMP-PS, une opposition (largement) factice

mercredi 23 novembre 2011

Qu’elles viennent de droite ou de gauche, les critiques contre Hollande pleuvent, mais elles ne concernent que rarement son programme.

Il y avait eu la mise en scène
de Sarkozy sauvant l’Europe
avec Merkel au moment
où par ses déclarations irresponsables,
le candidat du
PS menaçait le triple A de la
France. Juste après, le même
sauvait le monde avec Obama
au G20 de Nice, alors que François
Hollande inaugurait… la
Foire du livre du chef-lieu de
la Corrèze. « C’est Astérix face
à Babar ! » s’était enthousiasmé
l’ineffable ministre de l’Éducation,
Chatel. Ces derniers
jours, le feuilleton des négociations
PS-EÉLV a permis à
l’UMP de continuer à enfoncer
le même clou. Pour Copé, le PS
représente « la gauche indécise »
et « Hollande ne tient pas la
barre de son camp », alors que
Sarkozy se distingue, lui, par
sa remarquable « aptitude au
commandement » !

Encouragée par la remontée
de son chef dans les sondages,
l’UMP se multiplie dans les
médias pour faire passer un
message : face à la crise, seul
le président sortant a la stature,
le courage, la force de piloter
dans la tempête le navire
France. Avantage collatéral : la
politique concrète du gouvernement,
le contenu de ses mesures
d’austérité aussi violentes
qu’impopulaires, peuvent ainsi
être un peu, et un temps, relativisés.

D’autant que la droite
bénéficie de la conjonction de
critiques de même type émanant
de partenaires du PS, dirigeants
de premier plan d’EÉLV ou
du Front de Gauche, qui
commentent les aptitudes
du candidat socialiste plutôt
que de s’attaquer frontalement
à son programme.

Hollande « se ségolénise »,
affirme Daniel Cohn-Bendit,
tandis que le « capitaine de
pédalo » de Jean-Luc Mélenchon
ne finit pas de faire
des vagues. « Alors, là, je dis
respect, savoure le secrétaire
général de l’UMP. Même moi,
je n’aurais pas osé y penser »
(le Monde, 18 novembre).

Bien sûr, il y a quelques
différences entre le programme
de l’UMP et celui
de Hollande. Copé, toujours
lui, s’en empare quand il
dénonce dans l’accord PSEÉLV
« le troc de circonscriptions
contre l’abandon
de réacteurs nucléaires : 25
circonscriptions contre 25 réacteurs,
une folie pure. » Mais ce
qui est remarquable, c’est que le
candidat et les dirigeants du PS
ne répondent pas sur ce terrain,
ne s’emploient pas, par exemple,
à défendre contre la droite cette
réduction – très partielle et
progressive – du parc nucléaire
français. Non, ils mettent en
avant la capacité démontrée
par Hollande d’être « ferme »
face à ses partenaires d’EÉLV.

Cela prouve qu’il « n’a aucun
problème d’autorité », affirme
Benoit Hamon, porte-parole
du parti et représentant de sa
dite aile gauche. Sa position
sur le nucléaire « ne date pas de
deux jours, c’était même un des
points du débat des primaires »,
ajoute Manuel Valls. Quant à la
politique énergétique, reprend
Hamon, « nous écoutons [le PDG
d’EDF] M. Proglio, nous écoutons
Areva, nous écoutons aussi
les écologistes et nous mettons
en place une politique qui sert
l’intérêt général. »

« Intérêt général, intérêt du
capital », dit un vieux slogan
anticapitaliste, voulant signifier
ainsi que les intérêts des
multinationales, la réalisation
du profit maximum, ne peuvent
en aucun cas être compatibles
avec les intérêts sociaux et
écologiques des classes populaires
 ; et que ce sont toujours
ces dernières qui se trouvent
sacrifiées sur l’autel de « l’intérêt
général ». Le problème est
bien là. Une semaine plus tôt,
Hollande réagissait au nouveau
plan Fillon en se proposant
non de combattre les politiques
d’austérité antipopulaire, mais
de leur « donner du sens ». Son
opposition à Sarkozy, prisonnière
de la même logique est,
dans une large mesure, factice.
Cela explique les termes du
« débat » droite-gauche auquel
on assiste actuellement.