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Allocation d’autonomie

mardi 6 mars 2012

Une allocation d’autonomie serait une sorte de pré-salaire versé à tous les jeunes. Elle leur permettrait d’étudier, de se former sans être obligés de choisir entre salariat étudiant et misère. Elle permettrait à tous les jeunes de faire leurs propres choix d’études, de métier, de sexualité, indépendamment de leurs parents ou des contraintes matérielles.

Pourquoi une allocation / pré-salaire d’autonomie ?

Plus le niveau d’études d’un jeune salarié est élevé, plus cela permet de produire des richesses pour la société. Se former doit donc être reconnu comme utile par la société.
 Deux étudiants sur trois sont obligés de se salarier pendant leurs études et même certains lycéens (50% en Seine-Saint-Denis). C’est l’une des principales cause d’échec. Cette précarité imposée aux jeunes tire les conditions de travail de tout le monde vers le bas.
 Les jeunes sont rarement complètement libres de leurs choix de vie : filières imposées par leurs parents ou par leurs conditions matérielles ; liberté de sortir, de ses activités, de ses fréquentations, de sa sexualité limitées quand on vit chez ses parents...

Quel mode de financement ?

Puisque les jeunes sont des travailleurs en formation, l’allocation d’autonomie doit relever du système de répartition. Cela doit s’intégrer dans les missions de la Sécurité sociale. Ce fonds doit être géré par des salariés et des jeunes élus.
 Ce serait un salaire socialisé, financé par des cotisations sociales, sans baisse du salaire net. Cela veut dire qu’il faut augmenter les salaires et donc les cotisations versées par les patrons. Elle permettrait que les jeunes, une fois leurs études finies, n’acceptent pas n’importe quel emploi, pour n’importe quel salaire, bref, aient les moyens de refuser la précarité. Ce serait donc bon pour tous les salariés.
 Verser une allocation d’autonomie à tous les jeunes coûterait moins de 150 milliards d’euros, ce serait plus utile que de verser 45 milliards aux banques pour payer les intérêts de la dette, aux 30 milliards d’exonérations fiscales des plus riches ou encore aux 50 milliards du budget de la défense...

Qui y aurait droit et quel montant ?

Conçue comme un salaire socialisé, au même titre que la retraite, l’allocation doit donc être à hauteur du SMIC. On ne peut pas vivre en-dessous ! Aujourd’hui, 100 000 étudiants vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Elle doit être versée à tous les jeunes jusqu’à leur premier emploi.
 À partir de 16 ans car c’est l’âge auquel on a le droit de travailler ou d’aller en prison, pourquoi pas aussi de gagner son autonomie ?
 Pour tous les jeunes, car si on parle d’autonomie, ça ne doit pas être en fonction du revenu des parents : un jeune issu d’un milieu aisé peut être en rupture avec ses parents. À l’heure actuelle, les foyers les plus aisés bénéficient d’une demi-part fiscale soit d’une aide indirecte qui coûte plus cher à l’État que les dépenses pour les bourses ! On pourrait aussi augmenter leurs impôts ou diminuer leurs allocations familiales quand leur enfant atteint 16 ans. Les jeunes feraient alors leur déclaration de revenus propre et seraient ainsi indépendant fiscalement de leurs parents.

Pour résumer

Face à la pauvreté des jeunes, nous demandons une allocation d’autonomie pour tous, jusqu’à leur premier emploi et quel que soit leur statut social (étudiants, apprentis, demandeurs d’emploi...).
Alors que 100 000 étudiant-e-s vivent sous le seuil de pauvreté et qu’un sur deux est obligé de travailler pour financer ses études, l’allocation d’autonomie serait le seul moyen qu’ils puissent faire leurs propres choix d’études, d’activités, de sexualité, quelles que soient leurs origines sociales. Elle fonctionnerait sur le modèle des retraites.
Ce sont les jeunes qui se forment aujourd’hui (au lycée, à l’université, en formation professionnelle...) qui créeront les richesses demain. Ils sont donc utiles à la société. C’est pour cela qu’il faut les rémunérer dès maintenant, à hauteur du SMIC, qui est le minimum pour vivre.
C’est l’inverse de l’assistanat : c’est payer (150 milliards d’euros) pour quelque chose d’utile, contrairement aux exonérations de cotisations et d’impôts pour les grandes entreprises et les grandes fortunes. Cela tirerait vers le haut les conditions de travail et de rémunération de tous les salariés.