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L’UMP au bord de la crise de nerfs

mercredi 2 novembre 2011

On peut reconnaître à François Bayrou
un mérite : il a trouvé le mot juste en
remarquant que les dirigeants de l’UMP, après s’être plaints que la primaire du PS
ait polarisé l’attention médiatique pendant près
de deux mois, n’ont rien trouvé de mieux que de
consacrer la « convention nationale » devant marquer
leur retour médiatique au… PS !

Présentée par ses initiateurs comme destinée à
« décortiquer les mensonges du projet socialiste »,
cette « séance d’exorcisme collectif et télévisé » (selon
le Monde du 19 octobre) a cependant tourné court. La quasi-totalité des commentateurs, y compris
partisans de Sarkozy, a souligné le ridicule du procédé copiant le téléthon pour additionner, à l’aide d’un compteur reproduit sur écran géant, le
coût insupportable pour les finances publiques des
dites « promesses socialistes ». Beaucoup ont indiqué que le chiffrage présenté (255 milliards d’euros en
cinq ans) était disproportionné par rapport aux fort
modestes propositions du PS et de son candidat,
et l’argument hollandiste selon lequel l’UMP agit
comme si elle était dans l’opposition a fait mouche.
Dans le même temps, malgré le retrait de Borloo
de la course présidentielle, les divisions à droite
et singulièrement au sein de l’UMP continuent de
s’exacerber. L’affrontement entre Fillon et Copé en vue du leadership à droite de l’après-Sarkozy, auquel tous pensent déjà, se précise. La Droite populaire,
courant de l’UMP le plus réactionnaire et proche des
positions du FN, s’affiche jusqu’en une du journal
d’extrême droite Minute (pour lancer une « pétition
nationale » contre le droit de vote des étrangers…),
tandis qu’une Droite humaniste se forme pour lui
faire pièce, à l’initiative notamment de l’ancien
Premier ministre, Raffarin.

Contre Sarkozy

L’arrière-fond de tous ces déchirements est évidemment
le rejet massif, parmi les travailleurs et
la population, de Sarkozy et de son gouvernement ;
un rejet si fort qu’un sondage récent a pu créditer
Hollande, face au président en exercice, de 62 %
des voix au second tour de la présidentielle…
Pourtant, il n’y a dans la population que peu d’illusions dans la capacité du PS à mener une politique qui soit réellement, qualitativement différente de
celle de l’UMP. Hollande, plébiscité dans un vote dont les classes populaires et la jeunesses étaient
les grandes absentes, ne fait en réalité que surfer
sur la volonté majoritaire de se débarrasser de
Sarkozy et de son gouvernement. Le paradoxe de la situation est qu’en réalité, ils ne peuvent plus
désormais être sauvés que par le… PS. La grande
question de la présidentielle de 2012 est de savoir si son résultat sera décidé par le rejet populaire
envers ceux qui sont aujourd’hui en place, ou
par le peu d’enthousiasme, de la part des mêmes secteurs exploités et opprimés, à l’égard de ceux
qui attendent de prendre la place.
Le 22 octobre sur France Inter, le député Jérôme Cahuzac, président de la commission des finances de
l’Assemblée nationale et proche de François Hollande, rendait un hommage appuyé au gouvernement du
« socialiste » espagnol Zapatero, qui a selon lui le
mérite de prendre des mesures douloureuses mais nécessaires, mettant ainsi en avant l’intérêt supérieur de son pays et, au-delà, de l’Europe, même si cela
le condamne à perdre les prochaines élections. Et
il opposait cette attitude courageuse et altruiste
à celle du gouvernement Sarkozy qui, lui, reste inactif ou se contente au mieux de demi-mesures,
au risque de mettre maintenant en danger « le triple A de la France »… Une façon on ne peut plus claire
d’annoncer une austérité de gauche ! Alors, bien
sûr, il faudra virer Sarkozy et sa bande, mais sans faire aucune confiance aux dirigeants du PS, et en affirmant dès à présent une alternative.